Située au nord-est de la République Démocratique du Congo, la province de l’Ituri regorge de richesses agricoles, minières, forestières et touristiques. Ce potentiel pourrait faire d’elle l’un des moteurs économiques du pays. Mais ces ressources, mal encadrées, attisent les convoitises et alimentent les tensions.
Le Révérend Pasteur James Biensi, figure religieuse influente, insiste : « L’Ituri est une terre bénie. Mal gérée, elle devient une source de conflits. » Pour lui, ces richesses doivent être administrées avec sagesse, dans un esprit de paix et de justice.
Aru : entre agriculture et contrebande
Dans le territoire d’Aru, l’agriculture vivrière et l’élevage offrent des perspectives prometteuses pour la sécurité alimentaire et le commerce transfrontalier avec l’Ouganda et le Sud-Soudan. Mais la présence de minerais comme l’or et le fer suscite la contrebande, fragilisant la stabilité locale.
Mahagi : grenier potentiel freiné par les tensions
Mahagi, bordé par le Lac Albert, dispose de ressources halieutiques et agricoles variées. Pourtant, l’absence de valorisation des gisements de calcaire et de moellon, combinée aux tensions communautaires, freine son développement.
Djugu : l’or et le pétrole, entre richesse et insécurité
À Djugu, les ressources minières notamment l’or et le pétrole du Lac Albert représentent une manne économique. Mais leur exploitation illégale par des groupes armés aggrave les violences. L’agriculture et les forêts locales, si elles étaient mieux encadrées, pourraient stabiliser l’économie.
Irumu : potentiel stratégique menacé
Irumu concentre des minerais stratégiques tels que l’uranium, le coltan et la cassitérite. Leur exploitation illicite alimente les rivalités armées. Pourtant, ses terres fertiles et ses rivières propices à l’hydroélectricité en font un territoire clé pour un développement durable.
Mambasa : biodiversité en péril
Mambasa incarne le paradoxe entre abondance et insécurité. Ses forêts denses, ses bois précieux et sa biodiversité unique notamment la réserve à Okapi d’Epulu en font une perle écologique. Mais l’exploitation illégale de l’or, du diamant et du coltan par des réseaux criminels accentue l’instabilité.
Le Révérend Pasteur James Biensi appelle à une gouvernance responsable pour transformer les richesses de l’Ituri en levier de développement. Il propose cinq axes prioritaires :
- Renforcer la sécurité et la gouvernance locale : présence de l’État, protection des populations, contrôle des exploitations.
- Encadrer légalement les ressources naturelles : lutte contre la contrebande, transparence dans la gestion des revenus.
- Impliquer les leaders religieux et communautaires : sensibilisation à la paix et à la responsabilité collective.
- Développer les infrastructures et l’économie locale : routes, marchés, hydroélectricité, agriculture.
- Promouvoir le tourisme et la conservation : valorisation de sites comme le Mont Oyo et la réserve d’Epulu.
L’Ituri peut devenir un modèle de développement durable si ses ressources sont protégées et exploitées dans l’intérêt de tous. Comme le résume le Révérend Pasteur James :
« La paix et la justice sont les clés pour que nos bénédictions ne deviennent pas des malédictions. »
Heri Budjo Joël



