Depuis le déclenchement du cycle de violences en Ituri, le groupe armé Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO) s’est imposé comme l’un des principaux fauteurs de troubles dans cette province meurtrie de l’est de la République Démocratique du Congo. Face à cette menace persistante, l’État congolais a longtemps privilégié une approche de dialogue et de réinsertion, dans une logique d’apaisement communément appelée stratégie de la « carotte ».
Mais aujourd’hui, au regard de l’insécurité persistante, des massacres répétés et du non-respect des engagements par ces miliciens, une question cruciale s’impose : l’heure n’est-elle pas venue d’envisager la « chicotte », autrement dit une réponse militaire ferme et ciblée ?
Les tentatives de réintégration, de cantonnement volontaire et de dialogue communautaire ont été nombreuses. Plusieurs redditions ont été saluées avec faste, nourrissant l’espoir d’un retour à la paix. Pourtant, sur le terrain, la réalité reste implacable : les tueries de civils se poursuivent, des villages sont incendiés, des axes routiers demeurent contrôlés par des hommes en armes, et des milliers de personnes continuent de fuir vers des sites de déplacés déjà saturés.
La stratégie de la « main tendue » semble avoir atteint ses limites. La CODECO, malgré les efforts de médiation, paraît davantage motivée par les profits de la guerre que par la paix. Pire encore, ce groupe armé exploite la patience de l’État comme un levier pour se réorganiser, se réarmer et renforcer ses positions. Chaque cessez-le-feu rompu, chaque engagement trahi constitue une gifle à l’autorité de l’État et une trahison envers les populations qui aspirent à la paix.
Même la communauté internationale, longtemps favorable à une résolution pacifique, commence à douter de la sincérité des groupes armés. Quant à la population, elle ne croit plus aux dialogues sans fin. Elle réclame des actes concrets, une sécurité réelle, un retour à une vie normale. Elle exige que l’État reprenne la main et affirme son autorité.
Dans ce contexte, recourir à une riposte militaire ciblée ne signifie pas renoncer à la paix, mais plutôt la défendre autrement. Cela suppose un engagement politique clair, des moyens renforcés pour les FARDC et un encadrement rigoureux des opérations afin d’éviter les bavures. Il s’agit aussi de restaurer la confiance entre civils et militaires, et de montrer que l’État est capable de protéger, pas seulement de négocier.
L’histoire l’a démontré : aucune paix durable ne s’obtient sans une démonstration de force face à ceux qui rejettent les solutions pacifiques. L’heure n’est plus à l’hésitation. L’heure est venue d’imposer la paix, si elle ne peut plus se négocier. Car tant que la CODECO agira en toute impunité, la population continuera à souffrir, à fuir, à mourir.
Le moment est venu de poser des actes forts, de faire entendre une voix ferme : la République ne négociera pas éternellement avec ceux qui défient ses lois.
Rédaction




