Les agents et cadres de la Régie des voies aériennes (RVA) à Bunia, en Ituri, tirent la sonnette d’alarme. Dans une correspondance du 10 septembre 2026, adressée à la Direction générale de la RVA à Kinshasa, le banc syndical dénonce leurs conditions de travail et réclame notamment le paiement urgent de sept mois d’arriérés de salaires, couvrant la période de février à août 2026.
Les représentants syndicaux estiment que l’Aéroport national de Bunia, principale porte d’entrée aéroportuaire de l’Ituri, est « abandonné à son triste sort ». Ils évoquent plusieurs difficultés, notamment sur les plans sécuritaire, sanitaire, opérationnel et social.
Sur le plan sécuritaire, les agents affirment continuer à assurer la continuité des services malgré les menaces liées à la présence de groupes armés dans la province, toujours sous état de siège.
Sur le plan sanitaire, ils soulignent leur exposition aux risques liés à l’épidémie d’Ebola, notamment au contact des passagers, des bagages et du fret, tout en déplorant l’absence d’équipements de protection adéquats et de prime de risque.
La situation opérationnelle constitue également une source de préoccupation. Selon les syndicats, l’aéroport national de Bunia est fermé au trafic commercial depuis mai 2026, à l’exception des vols de la MONUSCO, humanitaires et ceux bénéficiant d’autorisations spéciales. Cette situation aurait entraîné une baisse sensible des recettes de la RVA à Bunia.
Face à cette situation, les représentants du personnel disent se poser trois questions : « Pourquoi sommes-nous abandonnés ? », « Pourquoi nos différentes réclamations restent-elles sans réponses ? » et « Attendez-vous de nous une bonne prestation malgré les difficultés énumérées ? »
Les syndicats exigent notamment le paiement total et urgent des sept mois d’arriérés, l’instauration d’une prime de risque sécuritaire et sanitaire, ainsi que la mise en place d’un plan de relance pour la reprise des vols commerciaux à Bunia.
Ils s’interrogent également sur le maintien de la fermeture de l’aéroport de Bunia, alors que, selon eux, les liaisons aériennes avec certains aérodromes de l’Ituri, notamment Aru et Mahagi, ainsi que les trafics routiers entre l’Ituri et d’autres provinces, restent opérationnels.
Pour le banc syndical, la prise en compte du facteur humain est essentielle à la sécurité aérienne. « Un agent bien traité est un agent qui sécurise », soulignent-ils.
La Rédaction




