La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) dénonce la présence de vingt-quatre barrières fiscales jugées illégales sur la Route nationale 44 (RN44), entre Mambasa et Makeke, dans le territoire de Mambasa, au Nord-Est de la République démocratique du Congo.
Selon le coordonnateur de cette structure citoyenne, qui a effectué une mission de monitoring le vendredi 28 novembre 2025 dans la région, ces postes auraient été installés par la Direction générale des recettes de la province de l’Ituri (DGRPI).
D’après Jospin Paluku Mbowa, ces nouvelles barrières, réparties sur près de 120 kilomètres, excèdent largement le nombre de postes de contrôle officiellement prévus par un arrêté de l’ancien gouverneur de l’Ituri.
« Nous avons constaté avec regret que la DGRPI a installé 24 nouvelles barrières sous prétexte de procéder au recouvrement forcé des impôts dus par les usagers de la route. Pourtant, ces barrières s’ajoutent à celles déjà reconnues par les textes provinciaux », a-t-il dénoncé.
La NSCC souligne par ailleurs que plusieurs de ces points de contrôle sont occupés par des agents dépourvus d’affectation officielle, ce qui soulève des doutes quant à leur légitimité.
« Ces barrières sont tenues par des agents qui n’ont reçu aucune affectation formelle », a précisé Jospin Paluku.
La société civile estime que cette prolifération de barrières ne fait qu’accentuer les souffrances des populations locales, déjà confrontées aux violences perpétrées par les rebelles ADF dans cette zone frontalière du Nord-Kivu.
Face à cette situation, la NSCC appelle les autorités provinciales à intervenir de toute urgence.
« Nous recommandons au chef du ressort de la DGRPI de suspendre immédiatement toutes ces barrières et de ne maintenir que celles reconnues par les textes de la province », a-t-il insisté.
La structure décrit également ces installations comme illégales :
« Ces barrières n’ont aucun fondement juridique. Ce qui s’y passe constitue une atteinte grave à la libre circulation des personnes et des biens, et les perceptions effectuées relèvent d’un enrichissement illicite. »
De son côté, Claude Malo, chef du ressort de Mambasa, affirme que l’autorité territoriale avait été informée en amont de l’opération de recouvrement forcé menée par la DGRPI. Il assure néanmoins que les points de contrôle installés sont temporaires.
« Ces points chauds sont provisoires et ne resteront pas en place. Leur installation s’est faite en concertation avec les responsables des associations de motards », a-t-il indiqué.
Denis Munguriek



