La communauté locale de Banyali-Tchabi, située dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, tire la sonnette d’alarme. Selon ses représentants, cette entité coutumière n’a toujours pas bénéficié du projet de développement dit « 145 territoires», initié par le gouvernement congolais pour améliorer les conditions de vie dans les zones rurales.
Lors d’un échange avec la presse ce jeudi 25 septembre 2025, Mboma Babanilau, président de la société civile de Nyali-Tchabi, a exprimé son indignation face à cette situation. Il affirme que toutes les autres chefferies du territoire d’Irumu ont reçu des projets, à l’exception de celle de Banyali-Tchabi.
« Nous ne savons pas si Tchabi a été oublié sur la carte. On ne comprend rien. On a exécuté le projet partout sauf ici. Pourquoi?», s’interroge-t-il.
Selon lui, les autorités évoquent des raisons sécuritaires pour justifier cette exclusion. Un argument qu’il rejette, affirmant que la zone est accessible et que les habitants y circulent librement.
« Vous êtes journaliste, vous êtes venu ici sans escorte. Moi, je marche à pied ou en motocyclette, sans protection. Les gens circulent. Alors pourquoi dire que c’est une zone à risque?», ajoute-t-il.
La chefferie de Banyali-Tchabi souffre d’un manque criant d’infrastructures de base. Les habitants réclament des écoles, des hôpitaux et des bâtiments administratifs pour renforcer la présence de l’État dans la région.
« Nous avons des problèmes d’hôpitaux, d’écoles, et même de bâtiments pour l’administration. Il faut que notre chefferie ait un bâtiment digne de son nom », insiste Mboma Babanilau.
La communauté appelle le gouvernement congolais à ne plus ignorer leur chefferie. Elle souhaite que les projets de développement soient répartis de manière équitable, sans discrimination ni prétexte sécuritaire.
« Nous faisons appel au chef de l’État et à ses partenaires. Tchabi fait partie des 145 territoires. Nous avons aussi droit au développement», conclut Mboma Babanilau.
L’exclusion de Banyali-Tchabi du projet des 145 territoires soulève des interrogations sur l’équité et la transparence dans la mise en œuvre des programmes de développement en RDC. Les habitants espèrent que leur voix sera entendue et que leur chefferie bénéficiera enfin des infrastructures nécessaires à une vie meilleure.
Eugène Laro




