« Je confirme ici que nous collaborons avec le Rwanda. Et pas seulement avec le Rwanda, nous collaborons aussi avec l’Ouganda. »
Ces propos de Corneille Nangaa, chef du groupe M23/AFC, visent à clarifier la nature de cette coopération. Selon lui, il ne s’agit en aucun cas d’un soutien militaire à sa rébellion.
« Collaborer ne veut pas dire soutenir », a-t-il insisté, précisant que cette coordination vise exclusivement à neutraliser les rebelles des FDLR et à renforcer la sécurité transfrontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.
« Plus de 40 000 personnes traversent chaque jour les frontières entre la RDC et le Rwanda. À chaque poste frontalier, des agents d’immigration rwandais et congolais sont présents. Nous collaborons. »
Kigali confirme officiellement la coordination
Ces déclarations font écho à celles de Mathilde Mukantabana, ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, qui a reconnu pour la première fois une coordination officielle entre Kigali et le groupe rebelle AFC/M23, actif dans l’Est de la RDC.
Dans un discours au Congrès américain le 22 janvier, soit cinq jours avant la déclaration de Nangaa, elle a affirmé :
« Le Rwanda engage effectivement une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23. Je l’affirme clairement afin de bâtir la confiance par la transparence. L’AFC/M23 est un groupe congolais indépendant, porteur de revendications légitimes à l’encontre de Kinshasa. »
L’ambassadrice a souligné que cette collaboration est défensive, destinée à protéger les populations tutsi en RDC et à prévenir toute résurgence de violences génocidaires, notamment de la part des FDLR. Kigali précise que cette coordination est conditionnelle, limitée dans le temps, et centrée sur le désarmement des FDLR, sans volonté d’influencer la politique intérieure congolaise.
Un tournant diplomatique
Cette reconnaissance marque un tournant diplomatique, alors que Kinshasa accuse depuis des années Kigali de soutenir militairement le M23/AFC. Les Nations unies avaient également pointé cette implication :
« Il ne fait aucun doute que des troupes rwandaises soutiennent le M23 à Goma », avait déclaré Jean-Pierre Lacroix, chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, tout en soulignant la difficulté d’évaluer le nombre exact de soldats engagés.
Une victoire diplomatique pour Kinshasa ?
Pour certains analystes, cette confirmation officielle constitue une victoire diplomatique pour Kinshasa, qui cherchait à mobiliser la pression internationale contre Kigali et le M23. Sous pression américaine, les rebelles ont été contraints de quitter la ville d’Uvira, un geste symbolique dans le processus de pacification de la région.
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