Dans une Ituri marquée par des conflits armés récurrents, l’état de siège instauré en mai 2021 a redéfini non seulement l’action militaire, mais aussi la stratégie de communication de crise. Dans ce dispositif, la gestion de l’information est devenue un champ de confrontation à part entière entre l’État et les groupes armés.
Le lieutenant Jules Ngongo s’est imposé comme l’une des principales figures de cette communication officielle, aux côtés du gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama. Porte-parole du secteur opérationnel des Forces armées de la RDC (FARDC), conseiller en communication et acteur majeur de la Radio Télévision FARDC Ituri (RTFI), il incarne depuis 2021 la voix officielle de l’armée dans une province en crise.
Une contre-offensive informationnelle face aux groupes armés
Au-delà de la communication institutionnelle classique, Jules Ngongo a également été au centre d’une stratégie de contre-offensive informationnelle face aux groupes armés actifs en Ituri. Dans un contexte marqué par la présence de l’ADF dans le territoire de Mambasa, des milices CODECO dans les premières phases de l’état de siège, ainsi que des mouvements armés plus récents comme la CRP et leurs relais numériques, la communication militaire s’est étendue au champ digital.
L’objectif affiché était de contrer les campagnes de désinformation, les messages de propagande et les tentatives de déstabilisation de l’opinion publique diffusées sur différentes plateformes. Dans cette dynamique, les interventions du porte-parole visaient à rétablir la version officielle des faits, à répondre aux narratifs des groupes armés et à limiter l’impact psychologique de leurs communications sur les populations civiles.
La bataille du récit et le front numérique
La guerre en Ituri ne se limite plus aux zones rurales et aux forêts. Elle s’est aussi déplacée vers les réseaux sociaux et les plateformes numériques, où circulent messages, vidéos et revendications des groupes armés. Face à cela, la communication militaire faite par le lieutenant Jules Ngongo a adopté une posture de riposte, en cherchant à déconstruire les récits hostiles à l’État et à ses forces de sécurité. Dans ce cadre, Jules Ngongo a joué un rôle central dans la diffusion de la parole officielle et la contestation des narratifs adverses, en coordination avec les autorités militaires.
Une communication au cœur des opérations et des symboles forts
Parmi les épisodes souvent évoqués dans la communication militaire figure notamment la gestion médiatique de certaines arrestations notamment Tango Papa et neutralisations de figures associées à des réseaux armés, présentées par les autorités comme des signaux forts dans la lutte contre l’insécurité. Ces événements ont été accompagnés d’un discours de fermeté rappelant la suprématie de l’État et la continuité des opérations militaires.
Dans ses interventions, le message reste constant : « L’État reste debout et aucun groupe armé ne peut le défier durablement », résume la ligne générale de la communication militaire durant cette période.
Une communication de dissuasion et de stabilisation
Cette stratégie combine plusieurs niveaux : dissuasion des groupes armés, soutien moral aux populations civiles et consolidation de l’autorité de l’État. Dans ce cadre, la communication autour des opérations militaires est pensée comme un prolongement de l’action sur le terrain, visant à affaiblir psychologiquement les groupes armés et à encourager les redditions.
Un rôle dans la construction de l’image institutionnelle
Au-delà de la riposte médiatique, Jules Ngongo a également contribué à structurer la communication institutionnelle du gouvernorat militaire, en accompagnant la visibilité des actions du gouvernement militaire dans la province. Cette coordination a permis de renforcer la lisibilité de l’action de l’État en Ituri, malgré un contexte sécuritaire complexe.
Une empreinte dans la guerre de l’information
Cinq ans après le début de l’état de siège, la communication apparaît comme un pilier important du dispositif sécuritaire en Ituri. Dans cette architecture, le lieutenant Jules Ngongo s’est imposé comme un acteur central de la guerre de l’information, entre gestion de crise, contre-propagande et diffusion du discours officiel.
Une communication qui accompagne aussi l’espoir
Au-delà de la confrontation médiatique, cette stratégie communicationnelle a aussi contribué à maintenir une forme de stabilité psychologique et un espoir de normalisation progressive dans certaines zones. Dans un contexte marqué par l’insécurité, la parole officielle est devenue un outil de repère pour une partie de la population.
Entre communication de guerre et quête de paix, le lieutenant Jules Ngongo aura occupé une place importante dans la stratégie globale de l’état de siège en Ituri. Porte-parole militaire, acteur de la communication institutionnelle et figure de la guerre de l’information, il s’est imposé comme l’une des voix constantes de cette période exceptionnelle.
Au-delà des opérations militaires, son rôle s’inscrit aussi dans une bataille plus large : celle du contrôle du récit, de la lutte contre la désinformation et de la construction d’un espoir de stabilité dans une province longtemps fragilisée.
Heri Budjo Joël




