La riposte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo enregistre un premier signal encourageant. Selon le chargé des opérations de la riposte, Dr Adélard Lufongola, la courbe des nouvelles contaminations montre désormais une tendance à la stabilisation, voire à une légère diminution. Toutefois, il appelle à la prudence, estimant qu’il est encore trop tôt pour affirmer que le pic de l’épidémie a été atteint.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Bunia, le responsable des opérations a indiqué que l’analyse des données épidémiologiques révèle un ralentissement des nouvelles notifications malgré l’extension géographique de l’épidémie.
« Nous constatons que la courbe des notifications est entrée dans un plateau avec une légère tendance à la baisse. Mais sur le plan scientifique, il est encore prématuré de conclure que le pic est dépassé », a-t-il déclaré.
Malgré cette évolution encourageante, l’Ituri reste le principal foyer de l’épidémie, concentrant à elle seule plus de 80 % des cas et des décès enregistrés en RDC. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Mungwalu, Nizi, Nyakunde et Lita figurent parmi les plus touchées.
À l’échelle nationale, le pays totalise désormais 2 423 cas confirmés, 967 décès, soit un taux de létalité avoisinant 40 %. Les équipes de riposte prennent également en charge 250 cas suspects, tandis que 734 patients demeurent en isolement. Le nombre de personnes guéries atteint 469, avec la perspective de franchir prochainement le cap de 500 après validation des dernières données.
Le Dr Lufongola a également précisé que les provinces du Haut-Uélé et de la Tshopo enregistrent essentiellement des cas importés depuis l’Ituri, sans transmission communautaire confirmée à ce stade.
Sur le terrain, plusieurs défis continuent cependant de freiner les efforts de riposte. Le responsable des opérations a notamment cité la résistance communautaire, l’insécurité, les difficultés de transport des malades, l’insuffisance des capacités d’isolement dans certaines zones, ainsi que les contraintes liées au financement et au maintien des services de santé essentiels.
Malgré ces obstacles, le Dr Lufongola a salué les progrès réalisés depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai 2026. Il a rappelé que la réaction rapide des autorités sanitaires a permis la mise en place immédiate du système de gestion des incidents. La RDC dispose désormais de 19 laboratoires capables de diagnostiquer Ebola, contre un seul au début de l’épidémie, ainsi que de 23 centres de traitement offrant près de 800 lits, une capacité appelée à atteindre 1 000 lits dans les prochains jours.
Le responsable des opérations a enfin insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation communautaire et le respect des mesures de prévention afin de transformer cette stabilisation des cas en une véritable baisse durable de l’épidémie.
Heri Budjo Joël




