Les personnels soignants du Centre de traitement Ebola (CTE) de Rwampara, à Bunia, ont manifesté leur mécontentement ce lundi 13 juillet pour réclamer le paiement de leurs salaires et primes de prestation. Selon eux, près de deux mois après le début de la riposte contre Ebola, ils continuent de travailler sans avoir perçu la moindre rémunération.
Cette mobilisation intervient quelques jours après un mouvement similaire enregistré au Centre médical évangélique (CME), laissant apparaître un malaise plus général parmi les prestataires recrutés dans le cadre de la riposte contre l’épidémie.
« Cela fait bientôt deux mois que nous travaillons ici sans avoir reçu ni salaire ni prime de la part du gouvernement congolais. Nous avons exprimé notre ras-le-bol afin d’interpeller les autorités », a déclaré le Dr Jérémie Bataga, médecin traitant au CTE de Rwampara.
Le médecin précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une grève totale. « Nous continuons à prendre en charge les malades. Aujourd’hui encore, nous avons accueilli trois nouveaux patients. Le CTE compte actuellement 31 malades, dont ces trois nouveaux cas. Nous poursuivons notre mission par conscience professionnelle, mais nous accordons un ultimatum de 48 heures pour que nos salaires et nos primes soient versés », a-t-il ajouté.
Cette situation suscite également l’inquiétude des familles des patients. Jeanne Kasemire, dont la sœur est hospitalisée au CTE de Rwampara, redoute les conséquences d’un éventuel arrêt des activités.
« Nous avons très peur à cause de ce mouvement du personnel soignant. Nous demandons au gouvernement de répondre à leurs revendications afin que nos malades continuent de recevoir des soins dans de bonnes conditions », a-t-elle déclaré.
Interrogé sur ces retards de paiement lors de son séjour à Bunia, le jeudi 9 juillet, le ministre congolais de la Santé, le Dr Samuel Roger Kamba, a reconnu l’existence de difficultés liées à l’organisation des paiements.
Selon lui, des modifications apportées aux listes des agents de la riposte ont entraîné des retards et alimenté le mécontentement du personnel. Le ministre assure toutefois que des solutions sont en cours de mise en place, notamment l’introduction d’une carte de santé numérique qui servira également de carte bancaire afin de permettre le paiement direct des prestataires.
En attendant la concrétisation de cette mesure, les prestataires engagés dans la riposte contre Ebola continuent de réclamer le paiement de leurs dus, estimant que leur engagement sur le terrain mérite une rémunération à la hauteur des risques encourus.
La Rédaction




