Le groupement Limani, situé dans le secteur de Walendu-Djatsi, territoire de Djugu (Ituri), a désormais un chef officiellement reconnu par l’État congolais. La cérémonie d’installation de Mapamajo Ndalo Limani Israël s’est tenue le samedi 3 janvier 2026, en présence des autorités territoriales, des chefs coutumiers voisins et de nombreux habitants.
Selon le commissaire supérieur principal Ruphin Mapela, administrateur du territoire de Djugu, cette installation était devenue une nécessité. Depuis le décès de l’ancienne cheffe du groupement, l’intérim était assuré par un secrétaire.
« On ne pouvait pas laisser ce poste vacant trop longtemps. Lors des funérailles, un successeur avait déjà été présenté. Il ne restait plus que l’officialisation par l’État », a-t-il déclaré.
L’autorité territoriale a précisé que toutes les étapes coutumières avaient été scrupuleusement respectées, condition sine qua non pour la reconnaissance officielle. Désormais, le nouveau chef bénéficie du statut d’agent de l’État.
Limani, un exemple de cohabitation pacifique
Profitant de cette occasion, l’administrateur a salué le modèle de vivre-ensemble qu’incarne le groupement Limani. Malgré la présence de plusieurs sites de déplacés internes issus de la communauté Hema, aucun incident grave n’a été signalé.
« C’est un point très positif. Limani est un groupement exemplaire dans le territoire de Djugu », a-t-il souligné.
Il a exhorté les autres entités à s’inspirer de cet exemple, estimant que la cohésion sociale observée à Limani pourrait favoriser l’extension de la paix à l’ensemble du territoire.
Dans un contexte sécuritaire encore fragile, il a invité le nouveau chef à renforcer la collaboration avec les autorités coutumières voisines, notamment celles du groupement Lingo et de la chefferie de Bahema Badjere, afin de prévenir toute menace, en particulier dans les zones où des groupes armés sont encore actifs.
Situation à Bule : l’État rassure
Concernant la situation à Bule, récemment marquée par des violences, l’administrateur a tenu à rassurer la population : la zone reste sous contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il a mis en garde contre les fausses informations circulant sur les réseaux sociaux, qui visent, selon lui, à semer la panique en évoquant une prétendue occupation totale de la localité par le groupe armé Convention de Révolution Populaire (CRP).
Il a également condamné avec fermeté les actes de pillage et de destruction des biens, appelant particulièrement les jeunes à préserver la paix et les ressources locales.
« Détruire les commerces et les dépôts, ce n’est pas le développement. C’est appauvrir davantage la communauté », a-t-il averti.
Vœux de paix pour 2026
En cette nouvelle année 2026, Ruphin Mapela a adressé ses vœux de paix, de longévité et de prospérité à la population de Djugu. Il s’est félicité de l’accalmie observée durant les fêtes de fin d’année et a exhorté les habitants à maintenir cette dynamique.
« Si Djugu est malade, l’Ituri est perturbée. Mais si nous soignons Djugu, l’Ituri ira vers le développement », a-t-il conclu, appelant la population à faire confiance aux autorités territoriales, provinciales et au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans leurs efforts pour restaurer durablement la paix et l’autorité de l’État dans l’Est de la RDC.
Eugène Laro
