Dans la chefferie de Basili, située dans la zone de santé de Komanda, territoire d’Irumu, la recrudescence des naissances chez les mineures suscite une vive inquiétude parmi les autorités locales. Selon Madame Dorcas Lemise, agent de l’état civil chargée de l’enregistrement des naissances, cette situation est étroitement liée à l’insécurité persistante et à la pauvreté qui frappent la région.
« Beaucoup de filles mineures ont donné naissance ces derniers temps. C’est l’insécurité qui a causé cela. Les parents se sont déplacés, ils n’ont plus de moyens financiers, et les enfants sont restés sans encadrement ni école »,explique-t-elle.
Cette crise a entraîné une hausse alarmante des grossesses précoces. De nombreuses jeunes filles se présentent seules à l’état civil pour déclarer la naissance de leurs enfants, souvent sans connaître l’identité biologique du père.
Des cas réglés à l’amiable, faute de suivi judiciaire
Madame Lemise déplore également que plusieurs cas de violences basées sur le genre (VBG) soient traités à l’amiable, sans recours à la justice.
« Certains parents préfèrent arranger les dossiers entre eux. Nous, quand les cas arrivent, nous les référons à l’OPJ de protection, mais beaucoup échappent au suivi judiciaire », précise-t-elle.
Manque de soutien des organisations de protection
Alors que le taux de VBG ne cesse d’augmenter, les structures locales dénoncent un manque criant d’appui.
« Depuis le début de l’année 2025, aucune ONG ne nous soutient dans la prise en charge des cas de VBG. Nous faisons juste des sensibilisations locales avec les infirmiers, les médecins, les RECOs et les leaders communautaires », déplore la responsable de l’état civil.
Face à cette situation préoccupante, les autorités locales appellent à une mobilisation collective des leaders, des parents et des organisations humanitaires pour freiner la hausse des naissances précoces et des violences faites aux filles mineures.
« Nous voulons que tout le monde se mobilise pour sensibiliser, éduquer et protéger nos filles. Si rien n’est fait, la situation risque d’empirer », avertit Dorcas Lemise.
La chefferie de Basili figure parmi les zones les plus touchées par l’insécurité dans le territoire d’Irumu. De nombreux villages ont été vidés de leurs habitants, laissant des milliers d’enfants exposés à la vulnérabilité, à la déscolarisation et aux violences sexuelles.
Eugène Laro


