Le contrôle de gestion des finances publiques en province de l’Ituri pendant la période de l’état de siège a fait l’objet d’une étude approfondie menée par Ubimo Moro Elvis, assistant à l’Université de Bunia, dans le cadre de son Diplôme d’Études Supérieures (D.E.S) en Sciences sociales, politiques et administratives à l’Université de Kisangani.
Dirigé par le professeur Jefferson Abdallah Penembaka, ce travail de recherche s’est penché sur les effets de l’instauration de l’état de siège, considéré comme un régime spécial, sur les mécanismes institutionnels de contrôle de la gestion des finances publiques provinciales.
Selon le chercheur, son étude est partie d’un constat majeur : l’état de siège a entraîné une modification du fonctionnement normal des institutions provinciales, notamment avec la suspension de l’Assemblée provinciale, pourtant reconnue par la Constitution comme un organe important dans le contrôle de l’action de l’exécutif provincial.
« Il était question pour nous d’analyser comment l’état de siège influence les organes de contrôle de gestion des finances publiques et quelles peuvent être les conséquences d’un contrôle effectué en l’absence de l’Assemblée provinciale », explique Ubimo Moro Elvis.
À travers cette recherche, l’auteur a examiné le rôle des différents organes impliqués dans le contrôle financier ainsi que les conséquences institutionnelles liées à la disparition temporaire d’un cadre normal de contrôle démocratique.
Les résultats de l’étude révèlent que l’état de siège a eu un impact négatif sur le contrôle de gestion des finances publiques provinciales en Ituri. Pour le chercheur, la suspension de certains mécanismes institutionnels de contrôle a créé un environnement favorable aux risques de mauvaise gestion des ressources publiques.
« Nous sommes arrivés à la conclusion que l’état de siège a influencé négativement le contrôle de gestion des finances publiques provinciales, avec comme conséquence la mauvaise gestion des finances publiques sous cette période », souligne-t-il.
Cette étude met ainsi en lumière les défis auxquels font face les institutions publiques lorsqu’un régime exceptionnel est instauré dans un contexte de crise sécuritaire. Elle insiste sur l’importance de maintenir des mécanismes efficaces de contrôle et de reddition des comptes, même en période d’exception.
À travers ce travail scientifique, Ubimo Moro Elvis apporte une contribution au débat sur la gouvernance publique en Ituri, particulièrement sur la conciliation entre impératifs sécuritaires et exigences de transparence dans la gestion des ressources de l’État.
Heri Budjo Joël
