Autrefois scène ordinaire, un groupe de jeunes discutant de football à la terrasse d’un nganda avec un verre à la main est devenue rare à Bunia. L’insécurité galopante transforme désormais les soirées en ville en un véritable cauchemar.
Deux cas de fusillade en une semaine dont la dernière en date, la soirée de mardi 5 août 2025, survenue en plein centre-ville, en est une illustration tragique : six victimes, dont un mort, abattus par des assaillants non identifiés. Une attaque qui a replongé la population dans un profond sentiment d’angoisse et de deuil.
Une question s’impose : peut-on encore se sentir en sécurité dans les lieux publics à Bunia ?
Un climat de peur généralisée
Terrasses, bars, abords d’écoles, lieux de loisirs et même édifices religieux : aucun espace n’est épargné. Les attroupements deviennent suspects, les rassemblements potentiellement dangereux. La peur s’installe et redéfinit la manière dont les habitants vivent la ville.
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Une vie sociale en recul
Ces lieux publics ne sont pas de simples espaces de détente : ils sont les piliers de la vie sociale et citoyenne. S’y retrouver, échanger, se construire, c’est faire vivre une communauté. Leur disparition progressive crée un vide profond, atteignant l’âme même de Bunia.
Quelle responsabilité des autorités?
Le commandant de la police urbaine, le commissaire supérieur principal Abeli Mwangu, a appelé à la prudence, exhortant la population à éviter les attroupements nocturnes. Un avertissement utile, certes, mais qui ne suffit pas à répondre à l’urgence : quelles garanties concrètes l’État peut-il offrir à ceux qui aspirent simplement à une vie normale?
La sécurisation de la ville ne doit pas se faire au détriment des libertés. Il faut protéger les espaces communs, rassurer les citoyens et restaurer la confiance entre population et forces de l’ordre.

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Vivre ou survivre?
Il ne s’agit plus seulement de savoir s’il est prudent de sortir. La véritable question est existentielle : accepterons-nous de vivre enfermés, résignés à la peur, ou exigerons-nous un retour à une sécurité réelle?
Car dans une ville où l’on ne peut plus s’asseoir tranquillement en terrasse, c’est le droit au repos, à la dignité et à une vie normale qui vacille.
Il est urgent que les forces de sécurité et de l’ordre jouent pleinement leur rôle, afin de garantir la protection des civils et de préserver leur droit fondamental aux loisirs et à la convivialité.
Heri Budjo Joël



