À Bunia, la montée de la digitalisation en République démocratique du Congo s’accompagne de nouveaux risques. Un expert en sécurité informatique met en garde contre des comportements à risque adoptés par de nombreux utilisateurs de téléphones mobiles, ouvrant la voie aux cybercriminels.
Selon Christian Mukuku, expert en informatique et chargé des opérations chez OCODAS Bunia, plusieurs habitudes doivent être abandonnées pour mieux se protéger dans un environnement numérique en pleine évolution.
Trois pratiques dangereuses pointées du doigt
La première concerne l’absence de mot de passe sur le téléphone. Beaucoup d’utilisateurs estiment n’avoir « rien à cacher », une idée jugée dépassée par l’expert. « Nous avons dépassé cet âge-là, pas l’âge humain, mais l’âge de la technologie », explique-t-il. Pour lui, un téléphone non protégé équivaut à une porte ouverte aux pirates.
La deuxième mauvaise habitude est l’utilisation de codes trop simples. Des mots de passe comme « 123456 » ou « 1234567890 » sont les premiers testés lors des tentatives de piratage. Avec l’essor des services financiers mobiles tels qu’Orange Money, M-Pesa ou Airtel Money, les conséquences peuvent être lourdes. « Votre banque peut vous contacter, votre chef peut vous écrire. Une fois le téléphone compromis, le pirate récupère ces informations pour accéder à vos comptes bancaires », avertit-il.
Enfin, le partage excessif d’informations personnelles sur les réseaux sociaux constitue un autre danger. Publier régulièrement sa vie privée sur WhatsApp, Facebook ou autres plateformes facilite l’usurpation d’identité.
Des mesures simples pour se protéger
Face à ces menaces, l’expert recommande :
- Protéger son téléphone avec un mot de passe robuste ou la biométrie
- Éviter les codes simples et privilégier des combinaisons complexes
- Réduire le partage d’informations personnelles en ligne
- Faire preuve de vigilance dans l’utilisation quotidienne du numérique
La cybersécurité, une responsabilité collective
Dans un Congo de plus en plus connecté, la cybersécurité ne relève plus uniquement des spécialistes. Chaque citoyen doit jouer un rôle actif dans la protection de ses données. Pour Christian Mukuku, sécuriser son téléphone, c’est aussi protéger ses finances, son travail et son entourage face aux menaces numériques croissantes.
Eugène Laro




