Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a accueilli ce mardi 5 août 2025 le lancement officiel des services de consultants pour la composante 6 du projet STAR-EST, dédiée à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Cette initiative, saluée par une large coalition d’acteurs agences onusiennes, ONG locales et internationales, autorités étatiques et communautés marque une étape cruciale dans la protection des droits des femmes dans une région en proie à l’insécurité.
Portée par un consortium composé de Coopi, ActionAid, Help a Child, SOFEPADI et Heal Africa, la composante 6 vise à :
- Renforcer les mécanismes de prévention et d’intervention contre les violences sexuelles, l’exploitation et le harcèlement
- Sensibiliser les populations aux lois relatives aux VBG
- Offrir un accompagnement psychosocial, médical et économique aux survivants
- Cartographier les ressources disponibles et réévaluer les zones à risque
Financé par la Banque mondiale pour une durée d’un an (du 24 juin 2025 au 24 juin 2026), le projet ambitionne de déployer rapidement des services essentiels dans les zones les plus touchées.
Lors de la cérémonie, les représentants de la société civile ont dénoncé l’impact dévastateur des conflits sur les femmes. M. Dieudonné Lossa, coordonnateur provincial, a souligné que « l’insécurité est un facteur aggravant majeur des violences sexuelles », ajoutant que « agir sur la sécurité, c’est aussi protéger les femmes ».
Mgr Ignace Bingi, représentant des confessions religieuses de l’Ituri, a lancé un appel poignant : « La guerre ne doit jamais entrer dans nos foyers », plaidant pour une implication morale et spirituelle dans la lutte contre les abus.
Le secteur de la santé, quant à lui, a exprimé ses préoccupations face aux ruptures fréquentes de kits médicaux essentiels, notamment les kits PET, alors que plus de 5 000 femmes sont suivies chaque année.
Initiée en novembre 2023 et prévue jusqu’en décembre 2027, l’intervention STAR-EST s’articule autour de six composantes : stabilisation communautaire, travaux publics intensifs, renforcement institutionnel, gestion interne, réponse aux catastrophes et lutte contre les VBG. Cette dernière bénéficie d’un appui substantiel, témoignant de la priorité accordée à cette problématique.
Représentant le gouverneur, Mme Jeanne Alasha a salué l’engagement des participants et la mobilisation collective pour combattre les violences faites aux femmes dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle a également mis en lumière le rôle du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, reconnu pour sa promotion de la masculinité positive et son engagement en faveur des populations vulnérables.
Mme Alasha a rappelé les statistiques alarmantes publiées par la division genre de l’Ituri : 9 713 cas de violences enregistrés en 2022, 12 956 en 2023, et déjà plus de 4 400 cas recensés au premier trimestre 2024. Une progression inquiétante qui souligne l’urgence d’agir.
Le consortium Coopi, soutenu par la Banque mondiale et ses partenaires, appelle à une collaboration étroite entre institutions publiques, société civile, leaders traditionnels et religieux pour assurer le succès du projet sur le terrain. Malgré les défis sécuritaires, cette synergie est jugée essentielle pour bâtir un avenir plus juste et sécurisé.
La cérémonie s’est conclue sur une note de solidarité. Mme Alasha a exhorté tous les acteurs à « œuvrer main dans la main pour construire une République démocratique du Congo fondée sur la paix, l’égalité des genres et la tolérance zéro envers les violences sexuelles ».
Eugène Laro




