L’acteur social de l’Ituri, Célestin Alikoni Bangutu, a exprimé ses vives préoccupations face à la directive du Bureau de l’Assemblée nationale invitant les députés à transmettre le bilan financier et visuel de leurs réalisations sociales. Il y voit une « déviation des attributions constitutionnelles ».
Réagissant aux précisions du président de la Chambre basse, Aimé Boji, qui évoquait une démarche visant à évaluer les œuvres sociales des élus en vue d’un éventuel remboursement, Alikoni Bangutu estime que cette orientation menace le principe de séparation des pouvoirs. « Si l’élu devient lui-même exécutif, qui va contrôler qui ? », interroge-t-il, dénonçant une confusion institutionnelle majeure.
Selon lui, les interventions sociales des parlementaires relèvent d’initiatives volontaires et d’un devoir d’assistance ancré dans la tradition. « Ce que les élus donnent à la population relève d’un acte volontaire, social… Lorsqu’on visite quelqu’un, on ne peut pas le visiter les mains bredouilles, c’est comme aller visiter sa tante avec un sac de riz, mais qui bien sûr ne suffit pas pour soulager sa vulnérabilité. »
Pour répondre durablement aux besoins sociaux sans altérer l’équilibre institutionnel, Alikoni Bangutu recommande de recourir aux structures spécialisées de l’État, notamment le Fonds national de promotion et de services sociaux (FPNSS). « S’il y a des moyens, plutôt que de rembourser ces dépenses réalisées par les élus, l’État congolais doit recourir à son établissement public, le FPNSS, qui a démontré son expertise et son expérience dans la gestion et la réalisation de projets sociaux et humanitaires de qualité… », a-t-il insisté.
Plaidant pour un recadrage institutionnel strict, l’acteur social appelle les parlementaires à se recentrer sur leurs prérogatives constitutionnelles et exige que la réponse aux urgences sociales passe exclusivement par les canaux publics habilités, afin d’assurer transparence et efficacité dans l’utilisation des ressources de l’État.
Emmanuel Jedidja




