Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a effectué une tournée d’inspection dans plusieurs prisons, maisons d’arrêt et services judiciaires du Kongo Central, notamment à Madimba, Inkisi, Mbanza-Ngungu, Muanda, Boma et Matadi.
Cette descente a révélé une situation alarmante marquée par la surpopulation et l’insalubrité des infrastructures. À la prison centrale de Matadi, conçue pour 150 personnes, 834 détenus s’entassent dans des conditions extrêmes, certains contraints de dormir accroupis, avec de graves séquelles physiques. À Mbanza-Ngungu, une ancienne maternité de 150 places accueille 427 détenus, où prévenus et condamnés cohabitent directement. À Inkisi, les cellules manquent de clôture et d’infirmerie.
Le Ministre a également dénoncé de graves anomalies judiciaires : détention de mineurs dès 13 ans aux côtés d’adultes, cas de détentions arbitraires, dépassements de peine et prélèvements illégaux imposés aux familles.
Sur le plan sanitaire, les établissements souffrent d’un rationnement alimentaire sévère, d’une pénurie de médicaments et de la résurgence de maladies graves telles que la tuberculose et le choléra. Guillaume Ngefa a pointé du doigt les détournements de fonds destinés aux prisons et annoncé une révision immédiate du circuit de décaissement des subventions de l’État.
Pour désengorger la région, le gouvernement envisage la réhabilitation de l’ancien fort militaire de Shinkakasa à Boma, adapté aux normes pénitentiaires. Le Ministre de la Justice a réaffirmé que le désengorgement, la protection des mineurs et l’accès aux soins demeurent des priorités, rappelant que « la privation de liberté ne saurait être une privation de dignité ».
Emmanuel Jedidja




