La société civile de l’Ituri hausse le ton face à la gestion de la riposte contre Ebola. À l’issue d’une réunion d’évaluation avec les forces vives de la province, tenue ce vendredi 17 juillet, son président, Dieudonné Lossa, a dénoncé plusieurs insuffisances dans l’organisation de la réponse à l’épidémie.
Selon lui, la situation demeure préoccupante dans plusieurs zones touchées, où des décès continuent d’être enregistrés au sein des communautés sans une prise en charge appropriée.
« Beaucoup de gens meurent encore dans les familles et dans les communautés. Ces personnes ne sont pas bien enterrées, ce qui fait que la maladie continue à se transmettre », a déclaré Dieudonné Lossa, estimant que la riposte actuelle ne répond pas suffisamment aux besoins de la population.
Le représentant de la société civile affirme que les efforts déployés sur le terrain restent en décalage avec les réalités vécues par les communautés affectées.
« La riposte que nous apportons à la population face à cette situation ne répond pas aux besoins des communautés. La population est déçue », a-t-il déploré.
Au-delà des critiques sur la réponse sanitaire, les forces vives de l’Ituri réclament davantage de concertation entre les responsables de la riposte et les acteurs communautaires. Dieudonné Lossa rappelle que le ministre de la Santé avait demandé au coordonnateur provincial de la riposte de rencontrer la société civile afin d’échanger sur la conduite des opérations.
« Cela fait sept jours que nous ne l’avons pas vu. Nous lui accordons encore 48 heures. S’il ne peut pas nous rencontrer, nous nous adresserons à d’autres autorités compétentes de ce pays et de cette province », a-t-il déclaré.
La société civile annonce par ailleurs qu’elle envisagera d’autres actions si aucune réponse n’est apportée dans le délai imparti. Elle appelle les autorités sanitaires à renforcer la collaboration avec les communautés, qu’elle considère comme des acteurs essentiels dans la lutte contre la propagation du virus Ebola en Ituri.
Heri Budjo Joël




