La Procureure Générale près la Cour d’Appel de l’Ituri, Eudoxie Maswama, a expliqué ce mercredi 24 juin 2026, les raisons qui l’ont poussée à ordonner la destruction par incinération de plusieurs boissons fortement alcoolisées dans la province.
Selon elle, cette décision répond à un impératif de santé publique et de protection de la jeunesse.
« Un fléau pour la province »
« En arrivant en Ituri, j’ai constaté que cette province faisait face à un fléau : la consommation, l’importation et la distribution de boissons fortement alcoolisées qui ne respectent pas la législation en vigueur », a déclaré Mme Eudoxie Maswama.
Elle insiste sur le fait que l’opération n’est pas un bras de fer avec les commerçants, mais une mesure pour « protéger la population, préserver la santé des citoyens et garantir l’ordre public ».
Entre législation et contradictions
La Procureure rappelle qu’un arrêté de 2009 fixait la teneur maximale en alcool à 22 degrés, mais qu’un autre arrêté de 2010 a relevé ce seuil à 43 voire 45 degrés. « Nous étions déboussolés », confie-t-elle, soulignant la contradiction entre ces textes et la loi sur les principes fondamentaux de la santé.
Face à cette situation, elle a ordonné des analyses scientifiques auprès de l’OCC et d’autres laboratoires pour vérifier la conformité et la toxicité des produits.
Résultats alarmants
Les examens ont révélé que certaines boissons affichaient des taux d’alcool erronés sur leurs étiquettes et que des produits piratés circulaient sur le marché. « Bien qu’on écrivait 9 % ou 43 %, en réalité la teneur était beaucoup plus élevée », explique-t-elle. Seules cinq boissons ont été jugées conformes et propres à la consommation.
Des risques sanitaires et sociaux
Mme Maswama alerte sur les conséquences dramatiques : « Ces boissons provoquent des intoxications, la cirrhose du foie, une dépendance sévère. Elles entraînent aussi des effets sociaux : décrochage scolaire, banditisme, accidents de circulation, violences familiales et même des meurtres. » Elle cite des cas récents de décès et de crimes commis sous l’emprise de ces alcools bon marché.
Message aux commerçants
La Procureure Générale appelle les importateurs et distributeurs à « privilégier la santé de la population plutôt que les intérêts commerciaux ». Elle exhorte à se conformer strictement à la législation pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « fléau qui détruit la société ».
Jonas Mukonkole



