Après plusieurs années de tensions et de violences intercommunautaires, les populations du secteur de Walendu Tatsi et de la chefferie de Bahema Banywagi, dans le territoire de Djugu (Ituri), amorcent une réconciliation progressive grâce aux efforts conjoints du Réseau des femmes médiatrices de l’Ituri (REFEMI) et de la MONUSCO.
Pendant plus de cinq ans, ces communautés ont vécu dans une méfiance totale, marquée par l’absence de relations sociales et économiques. Les violences, alimentées par des meurtres, des violences sexuelles et des pillages, ont été aggravées par des conflits liés à la destruction des champs par le bétail. Les groupements de Tsala et Tambaki (Bahema Banywagi), ainsi que Penyi et Bedu-Ezekere (Walendu Tatsi), ont été particulièrement touchés.
Pour briser ce cycle, le REFEMI, avec l’appui de la Section Genre de la MONUSCO, a initié des dialogues intra et intercommunautaires. Ces rencontres ont permis d’analyser les causes profondes des conflits et de rechercher des solutions communes.
« Il y a plus à gagner de la paix qu’avec la guerre. La paix obtenue par les armes est fragile, mais celle issue du dialogue est durable », a résumé une médiatrice du réseau.
Marthe Dheve, facilitatrice du processus, souligne l’impact de ces échanges : « Le dialogue a permis aux communautés de se comprendre autrement, de reconnaître les souffrances vécues et de construire des solutions communes. Les formations reçues ont renforcé les capacités locales en médiation et en gestion pacifique des conflits. »
Les résultats sont déjà visibles : les populations recommencent à fréquenter les mêmes marchés, les éleveurs circulent dans des zones autrefois sensibles et les jeunes collaborent dans l’exploitation artisanale de l’or.
« Grâce aux dialogues appuyés par la MONUSCO, la cohabitation pacifique est devenue une réalité. Les gens se déplacent librement entre les villages sans incidents majeurs », témoigne Paul Mandro Gokpa, président de la société civile du groupement de Bedu-Ezekere.
Un Comité mixte de suivi des engagements issus des dialogues a été mis en place, regroupant des représentants des deux communautés. Avec l’appui de la MONUSCO, ses membres ont été formés à la médiation, à l’analyse des conflits, à la gestion pacifique des différends et aux mécanismes d’alerte précoce.
« Le comité permet d’anticiper les tensions et de résoudre rapidement les différends avant qu’ils ne dégénèrent. La paix doit être entretenue chaque jour par l’écoute et le respect des engagements », insiste Marthe Dheve.
Cette initiative s’inscrit dans une feuille de route commune visant à renforcer durablement la cohésion sociale et à prévenir toute résurgence des violences dans cette partie de l’Ituri, où la stabilité reste fragile mais encourageante.
Heri Budjo Joël




