À Bunia, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) a apporté de nouvelles précisions sur l’épidémie d’Ebola en cours dans la province de l’Ituri. Celle-ci est causée par la souche Bundibugyo, une variante pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique homologué.
Lors d’un dialogue organisé le jeudi 4 juin, consacré aux rumeurs et à la désinformation autour de la maladie, il a rappelé que la majorité des épidémies enregistrées en RDC étaient liées à la souche Zaïre. L’actuelle flambée est la deuxième apparition de Bundibugyo dans le pays, après celle d’Isiro (Haut-Uélé) en 2012.
Un défi médical particulier
Contrairement à la souche Zaïre, qui bénéficie de vaccins et de traitements ciblés, Bundibugyo ne dispose pas encore d’outils thérapeutiques homologués. Les patients reçoivent donc des soins de soutien : réhydratation, traitement de la fièvre, prise en charge des vomissements et de la diarrhée, surveillance médicale permanente et transfusions sanguines si nécessaire.
Le docteur Dieudonné Mwamba Kazadi précise : « Le rôle des équipes médicales est de soutenir l’organisme du patient afin qu’il puisse combattre lui-même le virus ». Chaque malade est évalué individuellement, sans protocole standard, les soins étant adaptés aux symptômes et à l’évolution clinique.
Premières guérisons et vigilance
Parmi les premières guérisons enregistrées, plusieurs concernent des agents de santé, rapidement identifiés et pris en charge dès l’apparition des symptômes. Les autorités assurent que des patients issus de la communauté sont également en voie de guérison, avec de nouvelles sorties attendues dans les prochains jours.
Détection précoce, clé de survie
Le docteur Mwamba Kazadi insiste : « La détection précoce reste l’un des moyens les plus efficaces pour augmenter les chances de survie ». Toute personne présentant une forte fièvre persistante, des vomissements, une diarrhée ou ayant été en contact avec un cas suspect est invitée à se signaler rapidement aux structures sanitaires.
Alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, les autorités sanitaires appellent la population au respect strict des mesures de prévention et à une collaboration étroite avec les équipes de riposte pour limiter la propagation du virus.
Eugène Laro




