Alors qu’une vague de panique s’empare des structures scolaires de la province à la suite de fausses alertes, les autorités militaires montent au créneau. Par la voix de son porte-parole, le gouverneur militaire de l’Ituri invite les parents à la résilience et rappelle que l’école demeure le lieu le plus sûr pour protéger les enfants.
En Ituri, la riposte contre la maladie à virus Ebola ne se joue pas seulement dans les centres de santé, mais aussi sur le front de la désinformation. Face à l’agitation qui gagne la communauté, le gouvernement militaire a tenu à envoyer un message de fermeté et de rassurance : la province ne baissera pas pavillon, qu’il s’agisse de sécurité ou de santé publique.
L’école, un milieu hautement sécurisé
L’élément déclencheur de cette sortie médiatique ? Les récents événements survenus à l’école primaire de Nyamukau, où des rumeurs de cas suspects ont provoqué un mouvement de panique chez les parents, pressés de retirer leurs enfants des classes.
Pour l’administration militaire, cette réaction est contre-productive. S’appuyant sur les conclusions des experts de la santé et de l’éducation, le Lieutenant-Général Luboya N’Kashama affirme que l’école est le milieu le plus contrôlé qui soit.
« L’école, c’est comme l’hôpital, et l’hôpital, c’est comme l’école. C’est le milieu le plus sécurisé », a martelé le Lieutenant Jules Ngongo, porte-parole du gouverneur militaire.
En milieu scolaire, la présence des enseignants permet une surveillance étroite et une application rigoureuse des mesures barrières. Précipiter le retour des enfants à la maison ne fait que les exposer aux accidents et accentuer leur traumatisme psychologique.
Un dispositif de vigilance au quotidien
Tout en appelant au calme, les autorités rappellent l’importance d’une vigilance collective. La lutte contre l’épidémie repose sur des gestes simples mais stricts, à appliquer chaque jour :
- Hygiène stricte : Lavage régulier des mains à l’eau et au savon.
- Distanciation sociale : Interdiction stricte des attroupements, des accolades et des salutations par poignées de main.
- Alerte précoce : Signalement immédiat de tout symptôme suspect (vomissements, maux de tête, fatigue intense, diarrhée ou saignements inexpliqués).
Les élèves, ambassadeurs de la riposte
La stratégie de la province repose sur un cercle vertueux : l’école protège et éduque les enfants aux mesures d’hygiène, et ces derniers deviennent, une fois rentrés chez eux, des ambassadeurs de la sensibilisation auprès de leurs propres familles.
L’autorité provinciale appelle donc les parents de Bunia et de l’ensemble de l’Ituri à faire preuve de « résistance sanitaire » et de responsabilité. En cas de suspicion, la consigne est claire : ne pas s’agiter, et laisser les équipes de riposte médicale faire leur travail en toute sérénité.
Jonas Mukonkole




