Les violences attribuées aux rebelles des ADF continuent de plonger l’est de la République démocratique du Congo dans la psychose. Dans un rapport récemment publié, Amnesty International dresse un constat alarmant des attaques contre des villages et des civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Une stratégie de terreur
L’organisation de défense des droits humains accuse les ADF de multiplier massacres, pillages, incendies d’habitations et attaques contre des structures médicales, malgré les opérations conjointes des Forces armées de la RDC et de l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa.
Selon Amnesty, les offensives se sont intensifiées à partir de mi‑2024, avec un redéploiement vers Mambasa et Lubero, jusque-là relativement épargnés. Les rebelles ciblent désormais davantage les civils que les positions militaires, dans une logique de représailles et de ravitaillement.
Témoignages glaçants
Les assaillants opèrent selon un mode opératoire récurrent : incursions nocturnes, usage de pangas, incendies, enlèvements et fuite rapide. Des témoins évoquent la présence de femmes et d’enfants dans les colonnes rebelles, ainsi que l’usage de langues étrangères ou d’un swahili à accent non local.
À Byambwe, dans le territoire de Lubero, l’attaque du 14 novembre 2025 a marqué les esprits. Une commerçante raconte :
« Nous avons entendu des tirs et vu des flammes au-dessus des maisons. Nous avons fui dans la brousse sous la pluie. En courant, j’ai vu plusieurs corps sur la route. »
Une autre survivante confie :
« Au matin, j’ai découvert que plusieurs de mes voisins avaient été tués. Trois membres de ma famille ont également perdu la vie. »
Faute d’intervention rapide des forces de sécurité, de nombreux habitants ont passé la nuit dans la forêt avant de rejoindre des localités plus sûres.
Un bilan accablant
Amnesty International affirme avoir recensé huit attaques majeures contre des civils en 2025, dont cinq au Nord-Kivu et trois en Ituri. Selon les chiffres des Nations unies, les ADF auraient tué au moins 1 022 personnes cette année-là lors de plus de 200 incursions armées. Le bilan réel pourrait être plus lourd, de nombreux civils étant enlevés puis exécutés dans des zones difficiles d’accès.
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Crimes de guerre et crimes contre l’humanité
Amnesty estime que les massacres de civils, les pillages systématiques et les attaques contre les structures médicales constituent de graves violations du droit international humanitaire et peuvent être qualifiés de crimes de guerre. L’organisation rappelle que les assassinats commis de manière systématique ou généralisée contre des populations civiles pourraient relever de crimes contre l’humanité.
Document officiel AFR6208602026FRENCH
Alors que l’insécurité persiste dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, les appels se multiplient pour renforcer la protection des civils et intensifier les efforts visant à neutraliser durablement les groupes armés actifs dans l’est de la RDC.
Heri Budjo Joël




