En mission en ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri la province de l’Ituri (RDC) Matthew Hollingworth, assistant directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), a réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir les populations affectées par les violences armées, tout en plaidant pour des solutions durables au profit des personnes déplacées.
Matthew Hollingworth a conduit une délégation à Bunia où il a rencontré les autorités provinciales, notamment le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny. Les échanges ont porté sur la situation humanitaire préoccupante dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo, marquée par des violences persistantes.
Selon le PAM, la majorité des bénéficiaires de son assistance sont des familles déplacées ayant fui les affrontements armés. « Les personnes que nous assistons sont principalement des déplacés contraints de fuir à cause de la violence », a déclaré Matthew Hollingworth, soulignant que l’accès à certaines zones reste limité en raison de l’insécurité.
Malgré ces contraintes, le PAM poursuit ses opérations d’urgence, notamment à travers la distribution de vivres, les transferts monétaires et les programmes de prise en charge nutritionnelle. Toutefois, l’agence onusienne insiste sur la nécessité d’un environnement plus stable pour envisager des actions à long terme.
« Si nous avions la paix et plus de stabilité, nous pourrions nous concentrer davantage sur des solutions durables plutôt que sur l’aide d’urgence », a ajouté le responsable.
De leur côté, les autorités provinciales saluent la collaboration avec le PAM dans la prise en charge des populations vulnérables. Le gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, a mis en avant l’importance de cette coopération dans un contexte marqué par des déplacements massifs de populations.
« Nous travaillons main dans la main avec le PAM », a-t-il affirmé, évoquant également les efforts en cours pour accompagner les déplacés retournés dans certaines zones progressivement sécurisées.
Les autorités identifient deux priorités majeures dans la réponse à la crise : l’assistance humanitaire d’urgence dans les sites de déplacés et la stabilisation progressive des zones de retour.
« La première priorité, c’est l’urgence humanitaire dans les sites de déplacés », a précisé le gouverneur, tout en soulignant que des programmes de relance sont en cours dans les zones jugées sécurisées.
Au-delà de l’aide immédiate, les acteurs locaux insistent sur la nécessité de promouvoir la paix, la réconciliation et la cohésion sociale afin de favoriser le retour durable des populations dans leurs milieux d’origine.
« Avec le pardon et la réconciliation, les populations pourront rentrer chez elles », a déclaré Luboya N’Kashama Johnny, mettant également en lumière le rôle des femmes dans les processus de paix.
Depuis plusieurs années, l’Ituri reste confrontée à des violences armées récurrentes, entraînant des déplacements massifs et une dépendance accrue à l’aide humanitaire. Dans ce contexte, la mission du PAM à Bunia apparaît comme un signal fort en faveur du renforcement de l’assistance, mais aussi d’un engagement accru pour des solutions durables.
Heri Budjo Joël




