Neuf maisons ont été réduites en cendres et trois enfants, dont un écolier, ont trouvé la mort dans un incendie lié à un conflit foncier au sein du groupement Ruvinga, en chefferie des Mokambo, territoire de Mahagi (Ituri). Le drame s’est produit dans la matinée du mercredi 25 février 2026.
Selon la société civile locale, quatre maisons ont été brûlées au village de Kanga et cinq autres à Bugo. Les auteurs de ces actes restent non identifiés.
« Il y a longtemps qu’un conflit foncier oppose ces familles. Ce sont des maisons appartenant à des membres d’une même famille qui ont été incendiées par des personnes inconnues. Il est difficile d’affirmer que ce sont les groupes armés qui contrôlent la région. On pense que cela pourrait être la conséquence de cette violence familiale », explique Grégoire Thumitho, sous-coordonnateur de la société civile locale.
Cette structure citoyenne recommande l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables et appelle la population à privilégier des solutions pacifiques.
« Nous demandons à la famille de porter plainte contre les inconnus, que les enquêtes soient ouvertes par les services compétents avec l’implication du comité local de sécurité et de la police. La population ne doit pas résoudre les conflits par la violence, car ces violences produisent des résultats éphémères. Le dialogue et l’échange sont la meilleure manière de gérer les différends », ajoute-t-elle.
Les groupes armés imposent leur loi dans Mokambo
Depuis plusieurs années, les miliciens de la Codeco ont installé leurs bases dans les groupements Ruvinga, Aree et Musongwa, en chefferie des Mokambo. L’absence de l’autorité de l’État y est criante : ni police ni services publics ne franchissent la rivière Kakoy pour intervenir.
Dans ce contexte, les populations se tournent vers les miliciens pour régler leurs différends. Certains litiges familiaux, comme les mariages sans dote, sont désormais arbitrés par ces groupes armés.
La société civile appelle le gouvernement à accélérer le processus de désarmement afin de restaurer la paix.
« Nous recommandons au gouvernement de passer à l’action, car les groupes armés ont accepté de déposer les armes », conclut Grégoire Thumitho.
Jean Maurice Udaga




