En Ituri, province toujours placée sous le régime de l’état de siège, les initiatives communautaires en faveur du retour durable de la paix se multiplient. À Bunia, une délégation de l’ASBL Akongo ADOSO, regroupant les ressortissants Banyali Kilo, a été reçue par le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama.
Conduite par le Dr Timothée Kosianza, secrétaire national de l’association culturelle et de développement, la délégation est venue présenter ses civilités à l’autorité provinciale à la suite de la mise en place d’un nouveau comité dirigeant. Selon ses responsables, cette rencontre visait à notifier officiellement le renouvellement des instances communautaires et à réaffirmer leur disponibilité à accompagner les efforts de stabilisation.
« Nous sommes venus voir Son Excellence Monsieur le Gouverneur pour lui présenter les répondants directs de la communauté Banyali Kilo et lui assurer que nous allons l’accompagner dans la pacification de la province », a déclaré le porte-parole de la délégation.
Implantée principalement dans le territoire de Djugu, la communauté Banyali Kilo se définit comme pacifique et engagée dans la promotion de la cohésion sociale. Ses représentants affirment vouloir jouer un rôle actif non seulement dans la pacification de Djugu, mais aussi dans celle de l’ensemble de la province.
Les échanges ont également porté sur la nécessité de voir certains chefs coutumiers, qui avaient suspendu leurs activités depuis 2017 en raison de l’insécurité, reprendre leurs fonctions afin de renforcer l’autorité locale et la médiation communautaire.
La délégation s’est dite rassurée par l’accueil et les assurances reçues du gouverneur militaire, qui a exprimé sa volonté d’accompagner cette dynamique communautaire.
Au-delà des déclarations d’intention, les responsables de l’ASBL ont lancé un appel à l’ensemble des populations de Djugu, du secteur de Banyali Kilo, de Mungwalu et des entités voisines à adhérer à une « idéologie de la paix ». Ils ont souligné que sans stabilité, il sera difficile de relancer les activités scolaires, de réhabiliter les structures sanitaires détruites et de reconstruire le tissu socio-économique fragilisé par plusieurs années de violences.
Dans un contexte sécuritaire encore fragile, cette démarche illustre la montée en puissance des initiatives locales visant à compléter l’action des autorités militaires. Elle traduit également la prise de conscience, au sein des communautés, que le retour définitif de la paix passe par un engagement collectif et responsable.
Heri Budjo Joël




