Depuis sa détention, l’ancien ministre de la Justice, Me Constant Mutamba, a livré un message politique fort, dénonçant sans ambiguïté le recours aux armes comme moyen d’expression politique. Il le qualifie de « raccourci frauduleux » aux conséquences destructrices pour la nation.
Dans une lettre de quatre pages parvenue le vendredi 6 février 2026 à visibilitemediapro.cd, Mutamba affirme avoir été privé de ses droits civils et politiques, humilié et torturé moralement et physiquement. Il souligne que ces épreuves ne l’ont poussé ni à l’exil ni à la violence armée, par attachement au pays et par sens élevé du patriotisme.
Mutamba insiste sur le fait que la souffrance, l’injustice et la répression ne sauraient justifier la prise des armes. Selon lui, cette option met en péril la vie des paisibles citoyens et hypothèque l’avenir des générations futures.
Il salue, à cet effet, le combat mené pacifiquement par plusieurs figures de l’opposition congolaise, citant notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito, qui ont choisi la voie de la résistance civique plutôt que celle de la violence.
« Seules la paix et la stabilité constituent des fondements crédibles du développement durable et de l’accès de la RDC au concert des États civilisés », écrit-il, rejetant toute tentative de légitimation de la guerre comme solution politique.
Dans cette correspondance rédigée depuis son lieu de détention, Mutamba affirme soutenir, par principe républicain, l’initiative d’un dialogue national inclusif. Il estime que, si elle est menée avec sincérité, cette démarche pourrait contribuer à recréer la cohésion nationale dans un contexte marqué par la guerre d’agression et l’occupation étrangère dans l’Est du pays.
Toutefois, il conditionne sa participation à ce dialogue à plusieurs préalables : la décrispation effective de l’espace politique, la fin des arrestations arbitraires et des condamnations injustes, ainsi que des garanties sérieuses de sécurité et de confiance pour le retour des opposants actuellement en exil.
La lettre se conclut sur une note à la fois spirituelle et militante. Mutamba salue la contribution artistique de l’icône du reggae panafricain Tiken Jah Fakoly et rappelle que la lutte pour la justice, la liberté et l’égalité transcende les frontières, les cultures et les religions. Il lance enfin un appel solennel : « La patrie ou la mort, nous vaincrons. »
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