Un centre dédié exclusivement au traitement des fistules obstétricales a été inauguré ce vendredi 30 janvier 2026 au centre hospitalier de Rwankole, à Bunia, en Ituri. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités locales, des partenaires et du personnel médical.
Selon le Dr Claude Idringi, la chirurgie de réparation des fistules a débuté dans cette structure en 2006 grâce à l’appui du Dr Christina Dewin, médecin néerlandaise qui avait organisé plusieurs campagnes chirurgicales au profit des femmes victimes de cette pathologie. Depuis huit ans, l’équipe locale assure la prise en charge grâce aux formations reçues.
A ce jour, plus de 2 800 femmes ont été opérées à Rwankole. L’hôpital est considéré comme le pionnier et le plus grand centre de réparation des fistules en Ituri. Des campagnes ont également été menées dans d’autres hôpitaux généraux de référence, notamment à Adi, Rethi, Mahagi et Bunia.
La fistule obstétricale, complication liée le plus souvent à un accouchement difficile ou bloqué, entraîne une communication anormale entre les voies urinaires ou digestives et les voies génitales, provoquant des pertes incontrôlées. Cette pathologie expose les patientes à un rejet social et familial. Les professionnels de santé estiment que plus de deux millions de femmes vivent avec une fistule dans le monde, avec entre 50 000 et 100 000 nouveaux cas chaque année, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est.
Le nouveau bâtiment, construit grâce à une collecte de fonds des citoyens de Tübingen en Allemagne et au soutien du groupe partenaire 10 femmes, comprend 26 lits, des salles pré et post-opératoires, des chambres privées, une salle de consultation, un bureau administratif, un dépôt, ainsi que des annexes (cuisine, douches, latrines) et un réservoir d’eau de 10 000 litres. Le coût global du projet est estimé à 119 748 dollars américains.
Les responsables de l’hôpital ont salué cette infrastructure qui améliore les conditions de prise en charge, les patientes étant auparavant admises dans des salles communes avec d’autres cas chirurgicaux. Ils ont remercié le gouvernement congolais, le partenaire allemand DIFAM et l’entreprise GED pour leur contribution.
Eugène Laro




