L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala, 67 ans, a été condamné lundi par la cour d’assises de Paris à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité commis en République démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003. La peine est assortie d’une interdiction définitive du territoire français.
Reconnu coupable d’avoir aidé et facilité des actes de torture, de traitements inhumains et de viols assimilés à des actes de torture, perpétrés par les forces placées sous son commandement lors de l’opération militaire tristement célèbre « Effacer le tableau », Lumbala a été jugé en vertu du principe de compétence universelle.
Le verdict a été rendu en audience publique après huit heures de délibérations. Le président de la cour, Marc Sommerer, a lu la décision en l’absence initiale de l’accusé, qui a ensuite été conduit au box par les gendarmes pour entendre sa sentence.
Roger Lumbala dispose désormais d’un délai de dix jours pour faire appel. La décision motivée, répondant à plus de 140 questions posées aux jurés, lui sera notifiée dans un délai de trois jours.
Par ailleurs, la cour a fixé au 30 juin 2026 l’audience civile destinée à examiner les demandes d’indemnisation des victimes, principalement originaires des provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé.
Ce jugement marque une étape historique : c’est la première fois qu’une juridiction étrangère condamne un ancien chef rebelle pour des crimes commis sur le territoire congolais, établissant ainsi un précédent en matière de justice internationale.
Rédaction



