Vingt (20) journalistes issus de différentes radios communautaires de la province de l’Ituri participent depuis ce lundi à une formation sur la justice transitionnelle, organisée à Bunia par l’organisation Avocats Sans Frontières (ASF), avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas.
Les participants viennent aussi bien de la ville de Bunia que des territoires de Mahagi, Mambasa, Irumu et Djugu. Cette session de renforcement des capacités s’inscrit dans le cadre du projet intitulé « Appropriation et leadership communautaire pour une justice transitionnelle transformative en Ituri et au Nord-Kivu ».
Deux modules pour renforcer les compétences
La formation est structurée en deux séquences distinctes. Du 8 au 10 décembre, les travaux portent sur les principes fondamentaux de la justice transitionnelle, les différents mécanismes envisageables, les expériences menées en RDC, ainsi que les bonnes pratiques journalistiques pour un traitement rigoureux de cette thématique.
Du 11 au 13 décembre, les échanges se concentreront sur la déontologie journalistique, la sensibilité aux conflits et la co-construction de stratégies médiatiques adaptées aux contextes post-conflit.
Le rôle clé des médias souligné par ASF
Mme Valérie Arnould, conseillère juridique et politique chez ASF, a rappelé l’importance du rôle des médias dans ce processus :
« Les journalistes et les radios peuvent jouer un rôle essentiel en partageant l’information sur ce qu’est la justice transitionnelle et sur ce qui est entrepris actuellement en RDC pour la soutenir, afin que les victimes et les populations puissent pleinement y participer. »
Elle a ajouté :
« L’implication des journalistes vise à renforcer les capacités et à familiariser les communautés avec la justice transitionnelle, les médias jouant un rôle de relais pour informer la population. »
Selon ASF, le gouvernement congolais a fait de la justice transitionnelle une priorité depuis 2019. Ce projet s’inscrit donc dans une dynamique d’appui à cette volonté politique, dans un contexte marqué par de nombreuses violations des droits humains sur le territoire national.
Qu’est-ce que la justice transitionnelle ?
La justice transitionnelle regroupe l’ensemble des mécanismes mis en place par un pays pour faire face à des violations graves des droits humains commises dans le passé souvent à la suite d’une dictature, d’une guerre civile ou d’un conflit armé dans le but de reconstruire une société pacifiée et fondée sur l’État de droit.
Elle ne se limite pas à sanctionner les auteurs de crimes, mais vise avant tout à accompagner une société dans sa transition vers un régime plus démocratique et stable. C’est un enjeu majeur dans une province comme l’Ituri, encore marquée par une insécurité persistante.
Ses objectifs incluent :
- La reconstruction de la confiance entre citoyens et institutions ;
- La prévention de nouveaux cycles de violence ;
- La reconnaissance et la centralité des victimes ;
- L’établissement d’une mémoire collective du passé.
Jean Maurice Udaga




