Dans le cadre du projet Nashiriki Kwa Masikilizano 2, mis en œuvre par un consortium composé de NRC, Alert International, Search for Common Ground et Justice Plus, avec le soutien financier de l’Union européenne, l’ASBL FLEVICA a organisé des tribunes d’expression populaire dans les chefferies d’Anghal (à Nyalebbe) et d’Akurungwa (à Mokambo).
Ces espaces de dialogue ont permis aux citoyens d’échanger directement avec leurs autorités autour du thème :
« Problématique des conflits fonciers : crise de confiance envers la justice et lenteur dans la résolution des conflits ».
Les participants ont dénoncé plusieurs pratiques préoccupantes, notamment la lenteur dans le traitement des litiges fonciers et les amendes transactionnelles jugées excessives, souvent sources de tensions et d’incompréhensions au sein des communautés.
Animé sous forme de questions-réponses, ce dialogue transparent a été salué comme un exercice rare, traduisant un besoin profond de justice équitable et de mécanismes efficaces de résolution des conflits. Y ont pris part les autorités coutumières (chefs de chefferie et de groupement), les autorités judiciaires (dont le président du Tribunal de paix de Mahagi), des représentants de la police, des membres de la société civile, des jeunes, des associations féminines et d’autres acteurs locaux.
La retransmission des échanges sur les antennes des radios locales a permis d’élargir la portée du débat. Des questions envoyées par les auditeurs ont été intégrées aux discussions, témoignant de l’intérêt et de l’implication de la communauté au-delà des lieux physiques.
Invité à cette tribune, Innocent Mokili Abudu, chef d’antenne du P-DDRCS en territoire de Mahagi, a délivré un message fort en faveur de la cohésion sociale. Il a exhorté les communautés à privilégier le dialogue, à renforcer la cohabitation pacifique et à collaborer avec les institutions locales pour prévenir les conflits, notamment ceux liés au foncier.
Plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer la gestion des conflits fonciers et restaurer la confiance entre la population et les institutions judiciaires. Un comité de suivi, représentatif de toutes les composantes de la chefferie, a été mis en place pour assurer le suivi des engagements et renforcer la collaboration entre autorités et communautés.
Après Anghal et Mokambo, les tribunes d’expression populaire se poursuivront dans les chefferies de Djukoth, Panduru et Walendu Watsi, toujours en territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri.
Jean Maurice Udaga

