31 octobre 2025 | Rédaction
L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a exprimé son étonnement à la suite de l’annonce faite à Paris lors de la Conférence humanitaire sur les Grands Lacs, concernant la réouverture imminente de l’aéroport international de Goma. Le mouvement rebelle qualifie cette décision d’inopportune, estimant qu’elle ne tient pas compte de la réalité du terrain et qu’elle a été prise sans concertation préalable.
Une initiative jugée prématurée
Lors de cette conférence internationale tenue dans la capitale française, le président Emmanuel Macron a déclaré que l’aéroport de Goma rouvrirait dans les prochaines semaines afin de faciliter les opérations humanitaires dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une position soutenue par le président congolais Félix Tshisekedi, également présent à l’événement.
La réaction du M23 ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, son porte-parole Lawrence Kanyuka a dénoncé une démarche « déconnectée des réalités », rappelant que « toute décision de cette nature devait s’inscrire dans le cadre des pourparlers en cours à Doha, sous médiation du Qatar ».
Kigali soutient la position du M23
Le Rwanda a rapidement appuyé la position du mouvement rebelle. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré que « Paris ne peut pas décider seul de la réouverture d’un aéroport sans la participation des principaux acteurs », faisant référence au M23 et aux autorités locales.
Il convient de noter que les représentants du M23/AFC n’avaient pas été conviés à cette conférence de Paris. Souvent accusé par Kinshasa et les Nations unies de soutenir militairement le M23 ce que Kigali dément le Rwanda reste un acteur influent dans le conflit qui secoue l’Est de la RDC.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Fermé depuis janvier 2025 à la suite de violents affrontements entre les FARDC et le M23, l’aéroport international de Goma demeure au cœur d’un environnement instable. Depuis la prise de la ville, le M23 affirme y avoir rétabli l’ordre et la sécurité, bien que des combats sporadiques soient encore signalés dans plusieurs localités environnantes.
Une conférence à visée humanitaire
La Conférence de Paris sur les Grands Lacs a permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros pour soutenir la paix et le développement dans la région. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’une « action coordonnée » en faveur de la stabilité régionale, une initiative saluée par certains partenaires, mais contestée par des acteurs locaux.
Selon les organisateurs, la réouverture de l’aéroport de Goma devrait permettre aux humanitaires d’accéder plus facilement aux zones touchées par les conflits et de répondre aux besoins croissants des populations civiles vivant dans des conditions précaires.
Cependant, plusieurs ONG se montrent sceptiques quant à une reprise rapide du trafic aérien. Elles privilégient encore les voies terrestres pour acheminer l’aide vers les zones sous contrôle du M23 et les sites de déplacés. Le mouvement rebelle, pour sa part, affirme que la situation humanitaire s’est améliorée et encourage les déplacés à regagner leurs foyers. Selon les autorités locales pro-M23, plusieurs milliers d’entre eux auraient déjà rejoint leurs villages respectifs.

