Depuis plusieurs semaines, la province de la Tshopo est secouée par un phénomène aussi mystérieux qu’inquiétant : des cas présumés d’atrophie sexuelle ont été signalés dans divers quartiers de Kisangani et ses environs. Des hommes affirment avoir subi une « réduction » ou une « disparition » de leur organe sexuel à la suite d’un simple contact physique avec un inconnu, souvent dans des lieux publics. Ce phénomène, qui alimente les conversations dans les marchés, écoles, églises et même au sein des institutions, a plongé la population dans une psychose collective profonde.
A ce jour, aucun élément médical ou scientifique n’a permis de confirmer l’authenticité de ces cas. Pourtant, les rumeurs se propagent à une vitesse fulgurante. Dans certains quartiers, des citoyens ont été agressés, accusés à tort de sorcellerie ou de pratiques occultes, souvent sur simple dénonciation ou par effet de panique.
Le dernier cas de justice populaire lié à ce phénomène remonte au lundi 6 octobre 2025. Deux agents de santé ont été tués puis brûlés dans le village d’Ilambi, territoire d’Isangi, situé à 125 km de Kisangani, chef-lieu de la province. Ils étaient accusés d’implication dans une série de cas présumés d’atrophie génitale.
Le tissu social se délite progressivement. Des gestes anodins du quotidien, comme se frayer un chemin dans une foule, deviennent sources de suspicion et de peur.
Face à cette situation, il est impératif que les autorités provinciales, les services de sécurité, les professionnels de santé et les communicateurs s’emparent du dossier. D’une part, pour sensibiliser la population aux dangers de la stigmatisation et des violences extrajudiciaires ; d’autre part, pour mener des enquêtes rigoureuses afin d’établir les faits.
Dans une province déjà confrontée à de nombreux défis structurels notamment en matière d’éducation, de santé et de sécurité il serait dramatique que ce phénomène dégénère en une crise de confiance généralisée. L’heure est à l’apaisement, à la pédagogie sociale et à la rationalité.
La psychose ne doit pas triompher de la cohésion. La peur ne doit pas devenir le moteur de la violence.
Rédaction




