À l’occasion du 57e anniversaire du décès de Joseph Kasa-Vubu, premier président de la République démocratique du Congo, survenu le 24 mars 1969, la famille du défunt a annoncé une décision ferme : aucune messe ne sera célébrée en sa mémoire sans son autorisation préalable.
Dans une correspondance datée du 25 février 2026 et adressée au cardinal Fridolin Ambongo, Justine M’poyo Kasa-Vubu, cheffe de famille, en accord avec sa sœur Ma Joséphine Zaïna Kabamba Kasa-Vubu et son frère Michel Victor Kakenkele Kasa-Vubu, a rappelé que « le président Joseph Kasa-Vubu fut certes le président du Congo, mais il était aussi Mbuta Muntu, un père de famille qu’il faut respecter ».
La famille insiste sur son rôle central dans l’entretien du mausolée de Singini, soulignant qu’elle veille quotidiennement sur la mémoire du président sans attendre de soutien extérieur. « S’il n’y avait pas la famille, le mausolée de Joseph Kasa-Vubu serait une forêt », a-t-elle déclaré pour illustrer son engagement.
Cette décision a provoqué de vives réactions parmi certains notables Kongo, qui dénoncent une fermeture symbolique de l’accès aux commémorations. La famille, elle, affirme vouloir préserver la dignité et l’autorité de ses membres directs, face à des initiatives jugées irrespectueuses.
Les tensions se sont accentuées depuis la visite nocturne du mausolée par Félix Tshisekedi en novembre 2023, un geste critiqué par la famille qui estime qu’une tombe ne se visite pas la nuit dans la tradition bantu. Les neveux du président, présents sur place, avaient été écartés par les gardes, ce qui avait nourri un sentiment d’humiliation.
La famille Kasa-Vubu a également rejeté une tentative de compensation financière de 3.000 dollars, affirmant que son rôle ne peut être réduit à une transaction. Elle revendique son droit exclusif à organiser les hommages et à encadrer les cérémonies.
Dans ce contexte, Ma Justine M’poyo Kasa-Vubu, avec ses frère et sœur, entend réaffirmer que « la famille d’abord » reste la règle. Les enfants directs du président rappellent que leur voix prime sur celle des neveux ou petits-enfants dans la gestion de l’héritage mémoriel.
Joseph Kasa-Vubu demeure, pour ses proches, le symbole d’une éthique politique fondée sur l’honnêteté. Ils rappellent qu’il avait pour habitude de restituer les fonds non utilisés après chacun de ses déplacements officiels, une pratique rare qui continue de nourrir son image d’intégrité.
Jonas Mukonkole




