Depuis une semaine, des centaines de camions citernes sont immobilisés le long de la Route nationale numéro 27, entre le village de Jupatido (chefferie War Palara) et Ngote (chefferie des Panduru). L’Union des transporteurs de produits pétroliers de l’Ituri a déclenché une grève illimitée depuis le vendredi 8 août 2025.
Les chauffeurs dénoncent une série d’abus persistants :
- L’insécurité grandissante sur la RN 27
- La prolifération de barrières illégales érigées par des milices, parfois confondues avec les forces loyalistes
- Les contrôles abusifs de la Police de Circulation Routière, notamment dans le territoire de Mahagi
- La présence de services étatiques sans base légale, greffés aux postes officiels de la DGRPI à Uguro (sortie de Mahagi), à Fataki (territoire de Djugu) et à Muzipela (entrée de Bunia)
Les chauffeurs étrangers seraient également victimes de tracasseries sur le sol congolais, ce qui, selon les grévistes, expose les chauffeurs congolais à des représailles à l’étranger.
Contactés par visibilitemediapro.cd ce mardi 12 août, les grévistes affirment avoir saisi le gouverneur militaire de l’Ituri et maintiennent leur mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
« Nous allons poursuivre avec cette revendication jusqu’à obtenir une réponse favorable. Nos collègues sont tués innocemment sur la route à cause de l’inaction des autorités sécuritaires face aux groupes armés. Nous transportons des produits inflammables qui représentent un danger permanent pour la communauté, car il n’existe aucun site de stockage sécurisé dans la région », alertent-ils.
Selon des sources locales, les chauffeurs ont bloqué la circulation à Ngote (chefferie des Panduru) le lundi 11 août, paralysant le trafic sur la RN 27.
La grève commence déjà à se faire sentir dans les portefeuilles. Les prix des produits pétroliers grimpent, aussi bien dans les stations-service que chez les revendeurs informels, surnommés « Kadhafi ». À Bunia chef-lieu de l’Ituri, le litre d’essence est passé en quelques jours de 3 500 à 4 000 francs congolais. Une flambée qui pourrait bientôt se répercuter sur le prix des denrées de première nécessité.
Jean Maurice Udaga




