La nomination du général Olivier Gasita à la tête des opérations et du renseignement de la 33ᵉ région militaire suscite une vive contestation à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. La manifestation organisée le lundi 8 septembre 2025, initialement pacifique, a dégénéré en violents affrontements, causant un lourd bilan humain. Cet épisode révèle une fracture profonde entre une partie de la population, les miliciens Wazalendo, et l’état-major militaire congolais.

Une nomination rejetée par la rue
Depuis son affectation, le général Gasita est accusé par des habitants et des Wazalendo pourtant partenaires des FARDC d’avoir facilité la prise de Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23. Soupçonné de collusion avec le Rwanda, son arrivée à Uvira a cristallisé les tensions et déclenché une mobilisation populaire.
La société civile et les Wazalendo ont organisé une marche pour exiger son départ. L’intervention des forces de l’ordre a viré au drame : au moins quatre morts et plusieurs blessés ont été enregistrés, selon des sources locales.

L’armée défend son officier
Face à la polémique, l’état-major des FARDC a réaffirmé son soutien au général Gasita. Dans une déclaration relayée par la RTNC, le général Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée, a déclaré :
« Le général Gasita est un patriote de son état. Il avait été nommé bien avant même la chute de Goma et Bukavu. »
Il a ajouté que si des preuves de trahison existaient, « les services compétents l’auraient déjà mis hors d’état de nuire », citant des cas récents d’officiers arrêtés pour complicité avec des groupes rebelles.
Une fracture inquiétante
La crise d’Uvira dépasse le cas du général Gasita. Elle met en lumière une méfiance persistante envers certains cadres militaires, accusés d’infiltration ou de compromission avec l’ennemi. Cette défiance fragilise le front commun contre les groupes armés, alors que l’Est de la RDC reste en proie à des attaques meurtrières, notamment du M23/AFC soutenu par le Rwanda.
Quelles perspectives pour la cohésion ?
L’enjeu est désormais double :
- Restaurer la confiance entre les FARDC, leurs partenaires Wazalendo et la population ;
- Préserver l’unité interne pour ne pas compromettre la lutte contre les rébellions.
La situation d’Uvira rappelle que la cohésion entre armée régulière et forces citoyennes a jusqu’ici permis de contenir l’avancée rebelle. Mais les tensions actuelles risquent de détourner l’énergie collective de l’objectif principal : protéger la population et défendre le territoire national.
Comme le dit un proverbe : « Les ennemis de l’extérieur triomphent plus facilement lorsque les divisions rongent l’intérieur. »
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