L’Office américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), relevant du département du Trésor, a annoncé ce mardi 12 août 2025 des sanctions économiques visant un groupe armé actif en République démocratique du Congo ainsi que plusieurs entreprises accusés de contribuer à la violence et à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Selon le communiqué officiel, ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre le financement des conflits et la protection des droits humains dans l’Est de la RDC, région riche en minerais mais ravagée par des décennies de violences armées.
PARECO-FF dans le viseur
Parmi les entités sanctionnées figure la Patriotes résistants congolais, Forces de défense (PARECO-FF), un groupe armé actif notamment dans la zone minière de Rubaya, au Nord-Kivu. Washington l’accuse de financer ses opérations par le travail forcé, la taxation illégale des mineurs artisanaux et la contrebande de minerais stratégiques comme le coltan et la cassitérite.
L’OFAC affirme que PARECO-FF contrôle certains sites miniers par la force, entrave les opérations légales et contribue à l’instabilité sécuritaire dans la région.
Entreprises congolaises et étrangères sanctionnées
Les sanctions ciblent, également, la Coopérative des Artisanaux Miniers du Congo (CDMC) et deux sociétés basées à Hong Kong, l’East Rise Corporation Limited et Star Dragon Corporation Limited. La CDMC aurait vendu, durant la même période, des minerais issus de zones contrôlées par PARECO-FF aux deux sociétés étrangères, alimentant un commerce de « minerais de conflit » transitant souvent par le Rwanda vers les marchés internationaux, notamment la Chine.
Ces sociétés sont soupçonnées d’avoir exporté, via des réseaux de contrebande, des minerais congolais extraits illégalement, contribuant ainsi à financer la violence armée.
Conséquences des sanctions
Les entités ciblées voient leurs avoirs gelés aux États-Unis et toute transaction avec des citoyens ou entreprises américains leur est désormais interdite. Washington espère, par cette mesure, couper les sources de financement des groupes armés et encourager le commerce légal et traçable des minerais.
Un trafic qui alimente le conflit
Le département du Trésor rappelle que le commerce illicite des ressources minières prive la RDC de recettes fiscales essentielles et finance la prolifération des groupes armés.
« Ces sanctions montrent notre détermination à briser le lien entre exploitation illégale de minerais et violences dans l’Est de la RDC », a déclaré un porte-parole de l’OFAC.
Depuis plusieurs années, les États-Unis ciblent régulièrement des individus et entités liés à l’exploitation illégale des minerais de conflit en RDC, dans le but de soutenir les efforts internationaux pour une paix durable.
L’est de la RDC, en particulier le Nord-Kivu, a connu des milliers de morts parmi les civils et une crise de déplacement massif. Cela, en raison de l’instabilité persistante, qui est exacerbée par l’occupation d’un vaste territoire par l’AFC-M23 soutenu par le Rwanda et les représailles des milices Wazalendo alignées par le gouvernement congolais, indique, dans son communiqué, le Bureau américain du contrôle des avoirs étrangers.
Rédaction
