Vital Kamerhe dénonce une contradiction entre les appels à la paix de Joseph Kabila et sa prise de la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire qui comprend l’AFC/M23, selon sa déclaration. Il appelle les responsables de ce mouvement à renoncer à la lutte armée et à privilégier le dialogue.
Dans une déclaration rendue publique le 14 octobre 2026, Vital Kamerhe qualifie de « tournant grave » la création du FRN, annoncée à Goma le 12 octobre sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila. Il relève un contraste entre le discours de paix tenu par ce dernier le 9 octobre et son engagement à la tête de cette coalition.
« Vous appelez à la paix dans vos discours, mais vous appelez à la rébellion dans vos actes », lance Vital Kamerhe à l’ancien chef de l’État, estimant que les Congolais sont en droit d’obtenir des explications sur cette évolution politique.
Selon les informations relatives à la création du FRN, Joseph Kabila s’est associé aux dirigeants de l’AFC/M23 au sein de cette coalition politico-militaire, dont il prend la tête. Il serait secondé par quatre vice-présidents, parmi lesquels Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.
L’ancien président de la RDC a été condamné à mort le 30 septembre 2025 par la justice militaire congolaise, notamment pour trahison et crimes de guerre, dans le contexte de ses liens présumés avec la rébellion de l’AFC/M23.
Vital Kamerhe rappelle que Joseph Kabila a dirigé la République démocratique du Congo pendant 18 ans. Il estime que ce dernier ne peut se présenter comme étranger aux difficultés actuelles du pays ni éluder sa part de responsabilité dans son histoire.
Kamerhe réaffirme son soutien à Tshisekedi
Vital Kamerhe réaffirme son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme son allié et partenaire politique. Selon lui, la création du FRN conforte les mises en garde du chef de l’État face à ce qu’il considère comme une menace contre les institutions et la souveraineté nationales.
Il appelle les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à se mobiliser pacifiquement pour défendre l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel, tout en préservant l’unité nationale.
Un appel à renoncer à la lutte armée
Pour Vital Kamerhe, les rébellions successives n’ont pas permis d’apporter aux Congolais la sécurité, la justice et la prospérité attendues. Il déplore les conséquences humaines des conflits, notamment les pertes en vies humaines, les déplacements de populations et les violences subies par les femmes et les enfants.
Fort de son expérience dans la gestion des conflits, il estime que les divergences politiques peuvent être résolues par le dialogue, sans recourir aux armes.
« À quoi bon prendre les armes pour finir autour d’une table de négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes humaines ? », interroge-t-il.
Il exhorte ainsi les responsables du FRN à renoncer à la lutte armée et à privilégier une solution politique. Il plaide également pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs, afin de mettre fin au cycle des rébellions et des négociations successives.
En conclusion, Vital Kamerhe insiste sur la nécessité de placer la sécurité des populations, notamment celles du Nord-Kivu et de l’Ituri, au-dessus des ambitions politiques. Il appelle à construire un pays où les divergences peuvent s’exprimer sans violence et où les citoyens peuvent vivre en sécurité sur leurs terres.
La Rédaction




