La nomination d’André Wameso à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC) continue de faire réagir la classe politique congolaise. Tandis que le gouvernement présente cette décision comme stratégique pour renforcer la stabilité macroéconomique, certains opposants y voient une instrumentalisation de la politique monétaire à des fins électoralistes, à trois ans de la présidentielle.
Parmi les voix critiques, le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas, élu d’Ituri, s’est exprimé ce jeudi avec fermeté, dénonçant une volonté manifeste du régime de verrouiller les institutions économiques stratégiques.
« Bien que la Banque centrale du Congo peine à maîtriser l’inflation et subisse une pression constante sur les réserves de change, je crains que la nomination d’André Wameso révèle une volonté claire du régime de capter tous les leviers économiques à des fins politiques », a déclaré le député.
Selon lui, cette nomination, survenue dans un contexte de tensions inflationnistes persistantes, risque de compromettre l’indépendance nécessaire de la BCC dans l’élaboration et la conduite de la politique monétaire.
« Une institution comme la Banque centrale devrait être confiée à des techniciens, sans interférence politique », a-t-il insisté.
La BCC joue un rôle crucial dans la régulation de la masse monétaire, la stabilité des prix et la gestion des réserves de change, dans un pays encore fortement dépendant des exportations minières. Ces derniers mois, la RDC fait face à une dépréciation du franc congolais et à une érosion de ses réserves internationales.
André Wameso, ancien directeur de cabinet adjoint du chef de l’État en charge des questions économiques, financières et stratégiques, est considéré comme un proche du président Félix Tshisekedi. Sa nomination est perçue par certains comme une consolidation du contrôle politique sur les instruments économiques de l’État.
L’intervention du député Iracan s’inscrit dans un appel plus large à préserver l’indépendance des institutions clés, à l’approche des échéances électorales de 2028. Selon lui, la confiance des marchés et des partenaires internationaux repose sur des signaux clairs d’autonomie dans la gouvernance économique.
Heri Budjo Joël
