Face à la multiplication des cas de port abusif de la toge professorale lors de cérémonies académiques en République démocratique du Congo, la Conférence des établissements du Kasaï-Oriental a tiré la sonnette d’alarme le 19 novembre. À travers une déclaration ferme, elle appelle les scientifiques à respecter les codes vestimentaires académiques consacrés par l’État congolais.
Le professeur Cibaka Cikongo, recteur de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi et président de ladite conférence, s’est montré particulièrement préoccupé par cette dérive. Il déplore que certaines personnes, sans qualification universitaire, arborent la toge professorale en toute impunité :
« Il y a des gens qui n’ont aucun diplôme d’université et qui osent désacraliser la toge des professeurs, parce que je ne sais pas qui les a nommés autorités académiques », s’indigne-t-il.
Le Pr Cibaka rappelle que la toge n’est pas un simple vêtement cérémonial, mais un symbole de mérite et de rigueur académique.
« Il y a des conditions à remplir pour mettre la toge des professeurs. Elle est une tenue qui ne se met pas de n’importe quelle manière. Là, c’est très important. Et puis, qu’on respecte aussi les grades », insiste-t-il.
Il précise également les distinctions visibles sur les toges selon les grades :
« Lorsqu’on est professeur associé, sa toge c’est avec une barrette ; lorsqu’on est professeur, c’est avec deux barrettes ; et lorsqu’on est professeur ordinaire, c’est avec trois barrettes. Et donc, un professeur associé ne peut pas mettre une toge qui n’est pas de son grade. »
La Conférence des établissements du Kasaï-Oriental rappelle enfin que les titres académiques ne s’autoproclament pas. Ils sont conférés selon des critères bien définis par les autorités compétentes. Elle exhorte ainsi les membres de la communauté scientifique à faire preuve de rigueur et d’éthique en respectant les insignes académiques, gages de l’intégrité du système universitaire congolais.
Jonas Mukonkole




