En conférence de presse à Beni dimanche, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a réaffirmé l’urgence d’un cessez-le-feu effectif comme condition indispensable au retour durable de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Il est difficile d’avancer vers la paix sans cessez-le-feu. Nous sommes prêts à déployer rapidement des équipes pour en superviser la vérification », a déclaré le diplomate onusien, rappelant que la MONUSCO dispose d’une solide expérience en matière de désarmement et de démobilisation des groupes armés.
Sur plusieurs fronts, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les combats se poursuivent entre les rebelles du M23/AFC, soutenus par le Rwanda, et les FARDC appuyées par des groupes armés dits Wazalendo. Malgré des accords conclus, les cessez-le-feu sont régulièrement violés, tandis que les rebelles progressent vers Uvira, l’une des grandes villes encore sous contrôle gouvernemental.
Une coopération militaire renforcée
Jean-Pierre Lacroix a salué la collaboration accrue entre la MONUSCO et les Forces armées de la RDC (FARDC), en particulier dans la lutte contre les ADF et d’autres groupes armés.
« Le crédit revient aux FARDC et à la MONUSCO qui travaillent mieux ensemble », a-t-il affirmé, tout en soulignant que des efforts restent nécessaires pour améliorer la coordination avec d’autres acteurs locaux.
Selon lui, plusieurs opérations conjointes ont permis de libérer des civils kidnappés et de prévenir de nouvelles attaques. « Ces succès, bien que réels, restent souvent moins visibles que les drames rapportés quotidiennement », a-t-il regretté.
Une solution congolaise avec un appui international
Le haut responsable onusien a insisté sur le rôle central des acteurs nationaux dans la sortie de crise.
« Plus les Congolais seront unis, meilleure sera leur position pour progresser dans les efforts de paix », a-t-il déclaré. Il a toutefois reconnu que l’appui de la communauté internationale demeure indispensable, le conflit dans l’Est ayant une forte dimension régionale.
Enfin, Jean-Pierre Lacroix a exhorté à transformer les engagements issus des processus de Washington et de Doha en « résultats concrets sur le terrain », à travers une réduction tangible des violences et une protection accrue des civils.
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