Face aux récents massacres perpétrés à Komanda, dans le territoire d’Irumu (Ituri), le président national du Parti Congolais Uni pour le changement (CUC), Al-Hajji Rajab Mbira Tebabó Soborabo, a livré une déclaration solennelle et sans équivoque. Il dénonce l’inaction répétée du gouvernement devant les crimes récurrents dans la province, qu’il qualifie de « complicité par le silence ».
Dans son message, marqué par une profonde tristesse mêlée à une vive indignation, le leader du CUC a adressé ses condoléances aux familles des victimes et au peuple iturien tout entier. Il décrit ces tueries comme « une attaque contre la République elle-même ».
« Le massacre de Komanda n’est pas seulement une attaque contre des innocents : c’est une attaque contre notre humanité, contre notre avenir en tant que nation », a-t-il déclaré.
« Où est la République quand ses enfants sont égorgés ? »
Al-Hajji Rajab Mbira fustige l’attitude des autorités qu’il juge passive, limitées à des condamnations verbales sans suite judiciaire ni sécuritaire. Pour lui, l’État est défaillant et n’assure plus ses responsabilités régaliennes.
« Où est la République quand ses enfants sont égorgés dans les églises, dans les champs, dans leurs maisons ? Où est la vision du Chef de l’État s’il n’y a ni paix, ni protection, ni procès ? »
Appel à Dieu et mobilisation du peuple iturien
Devant cette impasse sécuritaire et politique, le président du CUC lance un appel à la justice divine, tout en invitant la population à se mobiliser.
« Dieu ne dort pas, même si les institutions semblent absentes. Nous demandons que le feu purificateur de la vérité et de la justice divine consume les esprits de trahison, de corruption, de haine, de pillage et de mort. »
Il exhorte les habitants de l’Ituri à surmonter leur peur et à s’unir dans l’action citoyenne.
« Debout ! Prions, résistons, bâtissons. Les larmes de Komanda appellent la paix, et nous y répondrons ensemble, unis et résolus. »
Alors que le gouvernement congolais est en situation de démission, CUC appelle le peuple congolais à tourner les regards vers Dieu. Son président invite les citoyens à confier à la justice divine les bourreaux responsables de millions de vies fauchées sur le sol congolais, affirmant que « les morts ne sont pas morts ».
S’appuyant sur les Écritures, le CUC rappelle :
« Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
(Matthieu 6:6) Car, dit le président du CUC, « si quelqu’un veut parler à son père, il doit entrer dans la chambre » une manière d’inviter la nation à une démarche personnelle et collective de retour vers Dieu, dans l’humilité et la vérité.
Par ailleurs, le président du mouvement dénonce un vaste complot d’extermination ciblant les populations de l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1997. Face à cette menace persistante, il lance un appel à l’unité et à l’éveil national :
« Il est temps de se réveiller et de nous unir devant cet ennemi commun qui menace notre existence. »
Un gouvernement confronté à ses responsabilités
Cette intervention intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante à l’Est de la RDC. Le massacre du 27 juillet dernier dans une salle paroissiale de Komanda a coûté la vie à plusieurs dizaines de civils, s’ajoutant à une série de tueries non élucidées, notamment à Djugu.
Face à l’absence d’actions judiciaires concrètes, Al-Hajji Rajab Mbira estime que le gouvernement doit assumer son échec.
« Ce gouvernement, que nous avons soutenu avec espoir, a failli. Il ne mérite plus le silence. »
La province de l’Ituri reste en proie aux violences des groupes armés, dont les ADF, dans un climat d’abandon ressenti par les populations locales. Le manque de procès, le silence des autorités et le désintérêt du pouvoir central nourrissent une colère grandissante.
Heri Budjo Joël




