À Kinshasa, une affaire inhabituelle secoue le tribunal de paix d’Assossa. Après seulement deux mois de mariage, une femme a saisi la justice pour demander l’annulation de son union, accusant son mari d’« impuissance sexuelle ». Selon la presse locale, dont l’Agence Congolaise de Presse (ACP), le couple n’aurait jamais consommé son mariage depuis la cérémonie.
Lors de l’audience, le ministère public a confirmé les déclarations de l’épouse : « Depuis qu’ils sont mariés, ils n’ont jamais eu de rapports sexuels », a-t-il indiqué. La plaignante, visiblement déterminée, a exprimé son désarroi devant les juges : « Que voulez-vous que je fasse ? Rester prisonnière sans consommer le mariage ? ».
La requérante estime que l’absence de relations intimes constitue une atteinte à ses droits conjugaux et justifie l’annulation de l’union. Elle considère que son mariage est vidé de son sens et qu’elle ne peut continuer à vivre dans une situation qu’elle juge insoutenable.
De son côté, la famille du mari et ses avocats s’opposent fermement à cette demande. Ils affirment que leur client n’est pas disposé à divorcer, notamment en raison des importantes dépenses engagées pour la cérémonie. Pour eux, l’annulation représenterait une injustice et un déshonneur.
Cette affaire met en lumière les tensions entre les attentes personnelles et les contraintes sociales. Dans la société congolaise, la consommation du mariage est souvent perçue comme une étape essentielle pour valider l’union. L’absence de rapports intimes devient alors un motif de contestation légitime, mais aussi un sujet sensible.
Le tribunal devra trancher entre la liberté individuelle de l’épouse et les arguments financiers et sociaux avancés par la famille du mari. Ce procès illustre la difficulté des juges à arbitrer entre intimité conjugale et poids des traditions.
Au-delà du cas particulier, cette affaire relance le débat sur les droits des femmes dans le mariage, le rôle des tribunaux dans la protection des libertés individuelles, et la place des traditions dans une société en pleine mutation.
Jonas Mukonkole




