Les structures citoyennes de la chefferie de Babila-Babombi, dans le territoire de Mambasa, ont tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation sécuritaire, la multiplication des barrières routières et les difficultés liées à la riposte contre Ebola dans leur entité.
Accompagnés de leur élu, Gilbert Sivamwenda, les représentants de la population ont été reçus par Masumbuko Adaba Louis, vice-président de l’Assemblée provinciale de l’Ituri, qui assure l’intérim du président en mission à Kinshasa. D’autres membres du bureau ont également pris part à la rencontre.
Au cours de cet échange de plus d’une heure, la délégation a présenté un tableau particulièrement préoccupant de la situation sécuritaire dans plusieurs villages de Babila-Babombi. Selon les chiffres communiqués par les structures citoyennes, plus de 200 personnes auraient été tuées et près de 300 autres capturées au cours de la période évoquée.
Ces alertes interviennent dans un contexte marqué par des attaques répétées attribuées aux ADF dans cette partie de Mambasa. Dans son rapport de monitoring couvrant la période du 6 mai au 13 août 2026, l’APDEF Mambasa fait état de 48 attaques, 307 personnes tuées, 103 portées disparues, 216 maisons incendiées et 24 motos brûlées dans cinq groupements de Babila-Babombi.
Plus de dix barrières sur moins de 100 kilomètres
La délégation a également dénoncé la présence de nombreuses barrières sur les axes routiers de la chefferie. Elle affirme en avoir recensé plus d’une dizaine sur une distance de moins de 100 kilomètres.
Selon les représentants de la population, certains usagers seraient régulièrement contraints de verser de l’argent au niveau de ces barrières. Ils appellent ainsi les autorités provinciales à intervenir afin de faire respecter les mesures destinées à mettre fin aux barrières et aux perceptions jugées irrégulières.
Ebola : des difficultés qui inquiètent
La situation sanitaire figure également parmi les préoccupations soulevées devant le bureau de l’Assemblée provinciale.
Les structures citoyennes ont fait état de plusieurs difficultés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola, notamment l’insuffisance des dispositifs de lavage des mains, le manque de moyens pour les enterrements sécurisés ainsi que les problèmes liés au prélèvement et à l’acheminement des échantillons vers les laboratoires.
Pour la délégation, ces insuffisances pourraient accroître les risques pour les familles, les agents de santé et l’ensemble des communautés locales.
Les structures citoyennes veulent rencontrer le gouverneur
À l’issue de la rencontre, les représentants de Babila-Babombi ont exprimé leur volonté d’être reçus par le gouverneur militaire de l’Ituri. Ils souhaitent lui présenter directement la situation sécuritaire et humanitaire de leur chefferie et plaider pour des mesures urgentes en faveur de la protection des civils.
Cette démarche intervient alors que de nouvelles violences ont récemment été rapportées dans la région. Le 15 août, cinq civils auraient notamment été tués et une cinquantaine d’agriculteurs enlevés dans le secteur de Bandisende, selon une organisation locale de défense des droits humains.
Joël Heri Budjo
