A Ngote, chef-lieu de la chefferie des Panduru dans le territoire de Mahagi (Ituri), une tribune d’expression citoyenne a été organisée en décembre dernier par l’ONG FLEVICA, en partenariat avec Alert International, NRC, Search for Common Ground et Justice Plus, avec l’appui financier de l’Union européenne. Un mois seulement après, les effets positifs de cette initiative se font déjà sentir.
Le chef de la chefferie des Panduru, Sa Majesté Arnold Ukethweng’u, se dit pleinement satisfait de cette démarche qui a renforcé la collaboration entre autorités et population.
« Je suis très satisfait de cette initiative qui a permis de briser les barrières entre les dirigeants et les dirigés », témoigne-t-il.
Parmi les retombées concrètes, il cite notamment la libération d’une femme après une meilleure compréhension de sa situation, rendue possible grâce à l’intervention rapide de son mari et à l’écoute des autorités policières. Selon lui, auparavant, ce type de cas nécessitait systématiquement l’intervention des instances supérieures. Aujourd’hui, même le cri d’un simple citoyen est pris en compte, signe d’une collaboration renforcée entre population et services de sécurité.
« C’est le résultat direct de la tribune d’expression populaire », ajoute-t-il.
Toutefois, le chef de chefferie souligne que des défis subsistent, notamment la nécessité de renforcer les capacités des responsables de la police locale afin d’assurer une compréhension uniforme de la loi et une meilleure coopération avec les autorités déjà formées. Il plaide également pour la multiplication des tribunes d’expression, qu’il considère comme une vitrine de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique.
La rencontre de Ngote avait pour thème principal : « La crise de confiance entre la population civile et la police », ainsi que la lenteur dans la résolution des conflits fonciers.
Arnold Ukethweng’u a également salué le travail du groupe de dialogue actif dans sa juridiction.
« Ce groupe est aujourd’hui devenu un partenaire incontournable dans la prévention et la résolution pacifique des conflits. Il y a des conflits qui persistaient, mais le groupe de dialogue a réussi à trouver des solutions sans recourir à la justice », a-t-il affirmé, promettant l’accompagnement de la chefferie.
Enfin, il a exprimé le souhait de voir prochainement l’organisation d’un dialogue de paix entre la chefferie des Panduru et celle de Walendu Watsi.
« Ce sont nos frères et nos voisins. Aujourd’hui, les communautés se fréquentent ; c’est une occasion de renforcer davantage la cohésion sociale et la cohabitation pacifique », a-t-il conclu.
Jean Maurice Udaga




