La cité de Nyankunde, chef-lieu de la chefferie des Andisoma, dans le territoire d’Irumu (Ituri), a vécu une soirée de mercredi sous haute tension après la mort de Tondabo Kakani « Hérode », présenté comme un général autoproclamé de la milice Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC).
Selon des sources locales, des hommes armés ont ouvert le feu vers 19 heures aux abords de la rivière Masinda, située à environ trois à quatre kilomètres de l’hôpital de Nyankunde. La cible était « Hérode », qui était avec ses gardes du corps. Lui et ses deux gardes du corps ont été grièvement blessés par balles avant d’être évacués vers l’hôpital. Ils ont succombé à leurs blessures peu après leur admission.
L’annonce de sa mort a provoqué une vive colère parmi ses combattants. Des tirs nourris ont ensuite été entendus dans la cité, semant la panique parmi les habitants. Des familles ont fui vers des localités voisines, tandis que l’hôpital de Nyankunde et le Centre de traitement Ebola (CTE), situé dans son enceinte, ont également été gagnés par la psychose.
Qui est derrière cette attaque ?
À ce stade, les auteurs de l’attaque restent inconnus. Plusieurs hypothèses circulent, dont celle de rivalités internes au sein de la FPIC, mais aucune n’a été confirmée.
De son côté, l’armée congolaise rejette toute implication. Dans un communiqué publié ce jeudi 16 juillet 2026, le secteur opérationnel des FARDC affirme n’avoir reçu « aucun ordre » pour mener des opérations contre les groupes armés locaux. Il précise que la priorité des autorités demeure la pacification de l’Ituri et annonce l’ouverture d’investigations afin d’établir les circonstances exactes de cet incident.
Une milice toujours active
La Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) figure parmi les principaux groupes armés actifs dans le territoire d’Irumu. Apparue en 2019 sous le nom de « Chini ya Kilima », dans un contexte de tensions intercommunautaires, cette milice est accusée de nombreuses exactions contre les civils, notamment des attaques, des pillages et des enlèvements.
Malgré sa participation à plusieurs initiatives de dialogue et l’adhésion d’une partie de ses combattants au processus de désarmement et de réinsertion, de nombreux éléments de la FPIC demeurent encore armés et continuent d’opérer dans plusieurs villages d’Irumu.
La mort de « Hérode » intervient dans un contexte où le groupe est déjà fragilisé par des divisions internes et des changements de leadership. Reste désormais à savoir qui est réellement à l’origine de cette attaque et quelles pourraient être ses conséquences sur la situation sécuritaire dans le sud du territoire d’Irumu.
La Rédaction




