Depuis la matinée du vendredi 25 juillet 2025, une lettre d’indignation adressée au gouverneur militaire de la province de l’Ituri par Maître Deogratias Ufoymungu président des Jeunes Alur (JAL) et vice-président de la Communauté Alur de Bunia et ses environs fait le tour des réseaux sociaux. Intitulée « Indignation de la jeunesse et de la communauté Alur face à la faible représentation au sein de la Direction Générale des Recettes de la Province de l’Ituri », cette missive relance le débat sur la place des cadres Alur dans l’administration provinciale.
Dans sa lettre, Me Ufoymungu déplore une marginalisation persistante des jeunes et des cadres Alur, plus particulièrement ceux issus du territoire de Mahagi, au sein de la Direction Générale des Recettes de la Province de l’Ituri (DGRPI). Il pointe notamment la perte du poste stratégique de Directeur Général, jadis occupé par un ressortissant du territoire, qu’il considère désormais relégué à un rang insignifiant malgré sa contribution importante à l’économie provinciale.
Pour étayer ses propos, le juriste rappelle que le territoire de Mahagi figure parmi les deux premiers producteurs de recettes provinciales, grâce à la densité de ses activités commerciales et douanières. Il souligne également l’absence d’implication du territoire dans les violences sécuritaires ayant marqué la province ces dernières années.
Dans un passage particulièrement virulent, il s’insurge : « Il est donc profondément choquant de constater que ceux qui ont appartenu à des groupes armés ou en sont issus accèdent aujourd’hui à des postes de haute responsabilité au sein de la régie financière provinciale. Cette situation nous pousse à poser une question légitime : faut-il devenir membre d’un groupe armé pour prétendre aux postes de décision à la DGRPI ? ».
Tout en affirmant l’attachement de la jeunesse Alur aux valeurs de paix et de développement, Maître Ufoymungu conclut sur une note amère : selon lui, cette exclusion nourrit une frustration collective.
En réaction, la structure Jeunes Notables de la République Démocratique du Congo, basée à Mahagi, a rejeté cette dénonciation, la qualifiant de recherche d’intérêts personnels. Dans une déclaration diffusée le samedi 26 juillet 2025 sur les ondes locales, son président Ukura Unega François, dit Ituri Matata, a tenu à recadrer les allégations :
« La Direction Générale des Recettes de la province de l’Ituri (DGRPI) n’est pas un parti où s’impose le quota, mais c’est une régie de la province qui a son administration indépendante », a-t-il précisé.
Il a également rappelé que de nombreux fils et filles Alur travaillent dans tous les territoires de l’Ituri, y compris la ville de Bunia, et que certains occupent des postes de direction, soulignant au passage : « La DGRPI a été dirigée par un digne fils du territoire de Mahagi ».
Dans sa lettre adressée aux autorités à différents niveaux, la structure juvénile formule plusieurs recommandations à Me Ufoymungu :
- « De cesser d’agir seul au nom de la communauté Alur dans des pareilles ‘bêtises’, car le peuple Alur est un peuple respectueux et pacifique » ;
- « D’éviter d’emballer la communauté pour votre intérêt personnel » ;
- « De trouver une bonne voie d’accéder au poste que vous envisagez » ;
- « De vous ressourcer au bureau de la Direction Provinciale de la DGRPI avant toute réaction » ;
- « Nous tirons l’attention des manipulateurs sur le danger de salir la réputation de la communauté Alur ».
L’affaire continue de diviser l’opinion dans les rues de Mahagi et sur les réseaux sociaux. Pour certains, la sortie de Me Ufoymungu manque de fondement, tandis que d’autres estiment que la structure des Jeunes Notables repose son discours sur un échantillon d’opinions plus représentatif.
Jean Maurice Udaga
