La province de l’Ituri fait face à une grave pénurie de pharmaciens qualifiés dans ses structures sanitaires. Selon les statistiques de 2025, seuls 45 pharmaciens exercent dans toute la province, contre 10 en 2020 un chiffre encore largement insuffisant pour répondre aux besoins croissants de la population.
Cette situation préoccupante a été dénoncée par Patrick Imani Barumana, enseignant-chercheur en pharmacie et membre du Conseil provincial de l’Ordre des pharmaciens de l’Ituri.
- « D’abord, dans la quasi-totalité des pharmacies de Bunia, il n’y a pas de pharmaciens mais plutôt des vendeurs de médicaments. Un pharmacien doit avoir fait la faculté des sciences pharmaceutiques, ça prend six ans. Et en Ituri, déjà en 2025, on peut avoir autour de 45 pharmaciens. Beaucoup de gens se sont accaparés de ce nom », a-t-il déclaré.
Le spécialiste s’inquiète de l’absence de pharmaciens dans plusieurs zones de santé, rappelant que la gestion des médicaments doit être assurée par des professionnels formés.
« A titre d’exemple, les zones de santé de Bunia, Mambasa, Aru avaient des pharmaciens, mais ils n’y sont plus. Seul l’hôpital général de référence de Komanda dispose encore d’un pharmacien », a-t-il précisé.
Autre constat relevé : certains médecins prescrivent des produits pharmaceutiques sans consulter les pharmaciens, ce qui compromet le suivi thérapeutique des patients.
« Il y a des médecins qui prescrivent des produits sans pourtant intéresser les pharmaciens, d’où la nécessité d’intégrer cet aspect afin que le suivi soit bien fait », indique notre source.
Il sied de rappeler que le pharmacien, dans ses attributions, est chargé de contrôler la qualité des médicaments conformément à la loi. Toutefois, le manque de reconnaissance de sa valeur, tant au niveau national que provincial, demeure un obstacle majeur à l’amélioration du système pharmaceutique en Ituri.
Jérémie Kaseke




