Le nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Kasongo Mulumba Gaby, affiche une nouvelle approche dans la gestion de la crise sécuritaire qui secoue la province. Dans son message à la population prononcé le 19 juin 2026, il s’est dit disposé à dialoguer avec toutes les composantes de la société iturienne, y compris les acteurs impliqués dans l’insécurité, afin de rechercher des solutions durables au conflit.
Cette position marque une évolution par rapport à celle de son prédécesseur, le Lieutenant-Général Luboya Nkashama Johnny qui s’était toujours opposé à l’ouverture d’un dialogue direct avec la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga. La question des négociations avec ce groupe armé avait d’ailleurs suscité de vives controverses, certains acteurs ayant été critiqués ou interpellés pour avoir publiquement défendu cette option.
Dans son discours, le nouveau chef de l’executif provincial et commandant des opérations militaires en Ituri n’a cité aucun groupe armé nommément, y compris la CRP. Toutefois, dans l’opinion publique, cette ouverture au dialogue est perçue par certains comme une porte entrouverte à d’éventuelles discussions directes avec ce mouvement.
Dirigée par Thomas Lubanga, la CRP est engagée dans des affrontements contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Son leader, installé à Kampala, en Ouganda, a déjà participé à des pourparlers discrets avec le gouvernement congolais dans le cadre d’une initiative de médiation soutenue par les autorités ougandaises. Une première rencontre s’était tenue en avril dernier dans la capitale ougandaise.
Selon des informations rapportées par RFI, les représentants de la CRP auraient présenté plusieurs revendications aux délégués congolais lors de ces échanges, parmi lesquelles figurait notamment le départ de l’ancien gouverneur militaire de l’Ituri.
Les doléances formulées par le mouvement auraient été transmises aux autorités congolaises à l’issue des discussions, sans qu’aucune réponse officielle n’ait été rendue publique à ce jour. Une semaine après cette rencontre, la CRP avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral, présenté comme un geste en faveur d’une solution négociée à la crise.
Nommé par le président Félix Tshisekedi a travers une ordonnance rendue publique le 5 juin dernier, le nouveau gouverneur militaire, affirme avoir reçu pour mandat de pacifier rapidement et durablement la province, de renforcer la réconciliation entre les communautés, de favoriser le retour volontaire des personnes déplacées dans leurs milieux d’origine, d’accélérer la réhabilitation des routes de desserte agricole et de soutenir efficacement la riposte contre la maladie à virus Ebola.
« Nous avons décidé d’ouvrir nos portes à toutes les composantes de la société iturienne, y compris à ceux qui troublent encore la quiétude de nos populations. L’objectif est de les écouter et de rechercher, à travers un dialogue constructif, des solutions durables aux problèmes de l’insécurité », a-t-il déclaré.
Le chef de l’exécutif provincial qui a pris fonction le 14 juin, a toutefois prévenu que cette main tendue ne signifiait pas un renoncement à l’autorité de l’État. Selon lui, si les initiatives de dialogue n’aboutissent pas, le gouvernement provincial militaire assumera pleinement ses responsabilités en recourant aux moyens prévus par la loi pour restaurer l’ordre et la sécurité.
S’adressant à la population, il a insisté sur le rôle central de la paix dans le développement de l’Ituri. « La paix est la porte du développement. Elle est entre vos mains », a-t-il lancé, appelant les habitants à contribuer aux efforts de stabilisation de la province.
La Rédaction




