Une relative accalmie sécuritaire est observée depuis plusieurs mois dans certaines zones de la province de l’Ituri, notamment dans le territoire de Djugu, longtemps considéré comme l’épicentre des violences armées dans l’Est de la République démocratique du Congo. Si cette évolution est encourageante, elle ne doit pas occulter la gravité de la crise humanitaire qui perdure, alerte le député national Floribert Njabu.
Dans un message adressé à la population à l’occasion des fêtes de fin d’année, l’élu de Djugu a salué les efforts des autorités nationales et provinciales pour améliorer la situation sécuritaire dans cette province placée sous état de siège. Il a souligné que le calme relatif observé depuis plus de quatre mois dans plusieurs localités de Djugu, malgré quelques incidents isolés, traduit une dynamique positive à consolider.
Le parlementaire attribue cette amélioration à la volonté politique du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, commandant suprême des Forces armées de la RDC, ainsi qu’à l’action du gouvernement provincial militaire dirigé par le lieutenant-général Luboya Nkashama Johnny, avec l’appui des forces de défense et de sécurité.
Cependant, Floribert Njabu met en garde contre tout relâchement. Il appelle le gouvernement central à renforcer son appui à l’administration militaire, en lui fournissant les ressources humaines, logistiques et financières nécessaires pour maintenir la stabilité et prévenir toute résurgence des violences.
Sur le plan humanitaire, le député dresse un constat alarmant : des milliers de déplacés internes vivent encore dans des conditions précaires, dépendant largement de l’aide humanitaire. Il plaide pour une intensification de l’assistance en vivres et non-vivres, ainsi que pour la mise en œuvre de programmes de réinsertion destinés aux déplacés qui commencent à regagner leurs villages dans les zones jugées sécurisées.
L’élu insiste également sur la relance effective des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), estimant qu’une prise en charge adéquate des ex-combattants est essentielle pour consolider la paix et prévenir une reprise des hostilités.
Par ailleurs, il exhorte le gouvernement provincial à poursuivre les opérations militaires contre les groupes armés encore actifs, tout en renforçant les approches non militaires. Il met un accent particulier sur les dialogues intercommunautaires, qu’il juge indispensables pour restaurer la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre communautés longtemps divisées par les conflits.
S’adressant directement aux groupes armés locaux, Floribert Njabu les appelle à déposer les armes et à rejoindre les mécanismes existants, notamment le programme de désarmement ou la Réserve armée de défense (RAD), déjà opérationnelle en Ituri. Il met également en garde contre les manipulations internes et externes susceptibles de compromettre les efforts de stabilisation.
Enfin, le député invite la population iturienne et les leaders communautaires à soutenir les institutions de la République et à renforcer la collaboration civilo-militaire. Selon lui, la consolidation de la paix en Ituri repose sur une responsabilité partagée entre les autorités, les forces de sécurité, les groupes armés et les communautés locales.
Alors que l’Ituri demeure l’une des provinces les plus touchées par l’insécurité dans l’Est de la RDC, Floribert Njabu estime que l’accalmie actuelle constitue une opportunité à préserver, à condition qu’elle soit accompagnée de réponses humanitaires adaptées et d’un engagement soutenu de tous les acteurs concernés.
Heri Budjo Joël



